27 novembre 2013

Stocker nos cellules souches pour réparer notre corps plus tard, est-ce bien raisonnable ?

Une société française a mis sur le marché un système permettant de stocker les cellules souches pour nous « réparer »... si la science le permet un jour ! C'est pourtant interdit en France pour des raisons d'éthique. 




En théorie, cela paraît simple : il suffit de se faire prélever une cellule de la peau quand on est en bonne santé et ensuite de la reprogrammer en y insérant certains gènes pour modifier ses propriétés. La cellule souche ainsi obtenue est aussi neuve que celle d'un embryon ! Elle est ensuite mise en culture et peut se multiplier à l'infini. Manipulée in vitro, elle peut être transformée, par exemple, en cellule du cœur ou du foie. Elle servira ainsi, si la science le permet un jour, à guérir les organes malades de la personne concernée. C'est l'idée que vient de proposer Cellectis, une société de biotechnologie française, à travers deux de ses filiales basées à Dubaï et à Singapour. A chaque personne intéressée, il en coûtera tout de même 60 000 dollars ! L'entreprise assure que ce marché représente entre 12 et 13 millions de personnes dans le monde.
Elle repose sur l'espoir, qu'un jour, peut-être, on aura tellement progressé dans la voie de la médecine régénérative, qu'en cas de maladie, on pourra ressortir ses propres cellules pour, par exemple, réparer un cœur grâce à une greffe !

La loi française interdit tout prélèvement pour soi-même

« Stocker un morceau de soi avant d'être vieux aux cas où, c'est l'avenir » plaide son PDG André Choulika. « Qu'une société, par ailleurs en pointe sur la recherche biocellulaire, se lance là-dedans, quitte à se décrédibiliser, me paraît incompréhensible », réplique Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice de l'Agence de la biomédecine. La loi française interdit en effet tout prélèvement pour soi-même. C'est d'ailleurs pour cette raison que les filiales qui proposent ce nouveau « service » sont implantées à l'étranger.
« En France, on a choisi la voie de la solidarité, des gens en bonne santé donnent pour les malades... » souligne encore Emmanuelle Prada-Bordenave.

Un rêve d'immortalité, rien de plus

Dans le milieu hospitalier, les réactions sont tranchées : « En imaginant que ça marche un jour, avec un coût pareil, 60 000 dollars, c'est profondément inégalitaire, tout le monde n'a pas les moyens de s'offrir ce rêve d'immortalité », s'exclame Charlotte, élève infirmière à Marseille, passionnée par les questions de bioéthique. Car pour le moment, il s'agit bien de rêve, rien de plus. « Cette société demande une grosse somme d'argent mais ne promet rien en retour », s'indigne Annick, cadre administratif dans un grand hôpital parisien. D'autant qu'en attendant de réelles possibilités de traitement, la société peut très bien mettre la clé sous la porte et faire faillite ! Annick ajoute, philosophe : « elle joue sur la peur de chacun de nous face à la vieillesse et aux maladies incurables... » Cellectis n'est d'ailleurs pas la seule à avoir eu cette idée. Plusieurs sociétés dans le monde proposent de prélever et de stocker à la naissance le sang du cordon ombilical. Ce qui est, là aussi, strictement interdit en France où le don et les greffes sont supervisés par l'Agence de la biomédecine.

Pour en savoir plus sur le travail en milieu hospitalier, consultez les articles suivants :
Hygiène à l'hôpital : retour sur l'opération «mains propres» !
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Greffes d'organes : les soignants face au refus des familles
Pourquoi les donneurs de sperme sont-ils de plus en plus rares ?
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