15 décembre 2013

Vivre autrement grâce au « cohabitat »

Rapprocher des familles partageant les mêmes valeurs, réaliser ensemble des projets d’habitat réunissant plusieurs générations, créer un véritable réseau d’entraide, c'est possible grâce à l'habitation participative... Vous choisissez vos « co-habitants » avant, et vous faites construire après ! 



Le « cohabitat » est un mode d'achat immobilier groupé, basé sur la participation en amont des habitants. Ils sont impliqués avant même la construction. Ils se connaissent déjà, ils se sont choisis par affinité, ils partagent les mêmes valeurs, la même volonté de vivre dans un environnement écologique ou la même approche en matière de développement durable. Ils font le choix d'investir ensemble dans la construction d'un ensemble résidentiel dont ils maîtrisent jusqu'au choix des matériaux. Ce système encore peu développé en France est né au Danemark dans les années 70 et aujourd'hui, dans ce pays, plus de 50 000 personnes vivent dans ce qu'on appelle un « cohabitat » ou « habitation participative ». Il s'est aussi beaucoup développé au Canada, aux États Unis, et en Allemagne, où il représente dans certaines villes près de 15 à 20% du marché immobilier.

Un mode de vie commun qui leur ressemble

Le principe est simple mais audacieux : chaque logement est indépendant, les futurs propriétaires choisissent leurs surfaces et agencements intérieurs, mais définissent avec le groupe les caractéristiques communes de l'habitat : aspect extérieur, espaces mutualisés, matériaux, règles de vie… Généralement, ils font le choix de construire une grande pièce commune, une salle dotée d'une cuisine où chaque famille peut recevoir à tour de rôle. Ils peuvent aussi mettre en place en amont des systèmes de covoiturage, de gardes d'enfants à tour de rôle, et d'achats alimentaires groupés… Ils inventent ensemble un mode de vie qui leur ressemble et leur rend service au quotidien. Serge est ambulancier à Toulouse et il a sauté le pas il y a quelques années : « Au début, je me méfiais un peu, j'avais peur de perdre ma liberté, je ne voulais pas d'un mode de vie en communauté... Mais je me suis renseigné, j'en ai parlé à des amis et ensemble on a décidé de monter un projet. » Serge et ses amis ont vite compris l'intérêt financier de l'habitation partagée : « On a décidé de construire pour chaque famille des logements individuels assez petits, juste pour la cellule familiale, et une grande salle commune avec des chambres d'amis et une cuisine aménagée... Forcément, au final, cela nous a coûté moins cher que si chaque couple avait dû construire individuellement une maison avec les chambres d'amis pour recevoir la famille... »

Favoriser les échanges intergénérationnels

Tous les projets reposent sur des initiatives collectives d’habitants voulant s'impliquer durablement dans la vie locale. Ils favorisent les mixités, et les échanges intergénérationnels. « Quand je suis parti à la retraite, j'ai eu très peur de me sentir seul », raconte Hervé, veuf, ancien ambulancier lui aussi à Toulouse. « Quand Serge m'a parlé de son projet, j'ai tout de suite dit oui ! Au quotidien, je suis en contact permanent avec les autres copropriétaires, j'emmène des enfants du groupe au Musée, et le week-end, je peux recevoir mes enfants et petits enfants dans la salle commune, ce qui aurait été impossible dans mon ancien appartement de 50 m2 ! » La création de tels projets tenait jusqu'à maintenant du parcours du combattant : il a fallu beaucoup de ténacité à ces associations d’habitants, des années durant, pour se débrouiller avec les outils juridiques existants. La loi Duflot votée à l'automne 2013 devrait changer la donne en créant un véritable statut de l'habitat participatif, comme la « coopérative d'habitants », qui simplifiera considérablement les démarches juridiques et bancaires à venir.


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