18 février 2014

Cancer du sein : des traitements de plus en plus personnalisés

En France, 53 000 nouveaux cas de cancers du sein sont découverts chaque année. Mais en 10 ans, l'approche médicale a beaucoup changé : désormais les traitements sont adaptés, au cas par cas, à chaque patiente et la chirurgie mutilante devient l'exception.




C'est le cancer féminin le plus fréquent. En France, une femme sur 8 sera un jour concernée par le cancer du sein. Mais aujourd'hui, on ne soigne plus cette maladie comme avant... En quelques années seulement, l'approche des médecins a beaucoup évolué.
D'abord les traitements sont de plus en plus souvent personnalisés.
Concrètement, on tient compte du fait que la maladie est multiforme et on adapte le traitement à la tumeur dont souffre la patiente. On ne traitera pas un cancer « in situ » qui se développe à l'intérieur des canaux et des lobules, comme un cancer « infiltrant » qui gagne, par exemple, les tissus qui entourent le canal jusqu'aux ganglions sous le bras.

Déterminer le degré d'agressivité du cancer


Des progrès considérables ont été réalisés dans l'analyse de ces tumeurs : on sait évidemment évaluer la taille et le grade de malignité, mais on sait aussi de mieux en mieux évaluer leur réponse aux médicaments, ce qui permet au médecin de choisir la meilleure option. Le médecin biologiste qui va disséquer en laboratoire les tissus prélevés lors de la biopsie a un rôle grandissant. Il détermine, avec de plus en plus de précision, le degré d'agressivité du cancer. Lors de l'opération, il va analyser le « ganglion sentinelle » prélevé sous le bras et y déterminer ou non la présence de cellules cancéreuses, signe que la tumeur est déjà en train de s'étendre ou pas...
Puisque les traitements sont personnalisés, ils sont moins systématiques. On n'enlève plus méthodiquement toute la chaîne de ganglions sous le bras « au cas où », et la chimiothérapie n'est plus pensée comme une arme détruisant tout uniformément, elle est davantage ciblée. L'heure est donc à la « désescalade thérapeutique », prévient Philippe Rouanet, chirurgien cancérologue à l'institut du cancer à Montpellier. Résultat : la chirurgie hyper mutilante avec ablation du sein a considérablement reculé : on réalise en 2014 seulement 25 % de mastectomies contre encore 40 % il y a 10 ans. « on connait mieux la maladie, donc on est moins agressif » précise Philippe Rouanet, « ce qui ne veut pas dire qu'on soigne moins bien... »

Demain, vers des mammographies en 3D et une chirurgie ambulatoire ?


D'autres avancées devraient voir le jour très vite : d'abord la mammographie en 3D que certains chirurgiens attendent avec impatience. Aujourd'hui, et c'est déjà un progrès, 87 % des mammographies sont réalisées en numérique. Elles permettent de révéler les cancers « in situ » indétectables à la palpation, soit 15 à 18 % de la totalité.
En théorie la chirurgie du cancer du sein pourrait se faire entièrement en ambulatoire. C'est ce qu'ont affirmé les médecins, réunis fin 2013 à Montpellier, lors du 35ème Congrès des spécialistes du sein. En France, ce traitement ne concerne pour le moment que 8 % des opérations mammaires, contre 80 % aux Etats-Unis. Avantage pour la patiente : elle évite le stress de l'hospitalisation. « C'est une piste à explorer », souligne encore Philippe Rouanet, « mais cela implique une grosse organisation de toute l'équipe, radio chirurgien, psychologue et mêmes secrétaires aux côtés de la patiente... ».
Autre article sur la relation patient/soignant :
Soignants : se protéger de la souffrance des malades

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