20 août 2014

Pouce ou tétine : et si mon enfant arrêtait cet été?

Selon la Fédération Française d'orthodontie, 84 % des bébés prennent une tétine ou leur pouce de temps en temps et 15 % le font encore après 6 mois... Quels sont les dégâts réels pour la formation du palais et la dentition ? A quel âge faut-il arrêter ? Pas si simple car le pouce, comme la tétine, ont aussi leurs avantages pour les enfants... comme pour les parents !

Et si on profitait de l'été pour tenter de relever avec son enfant un défi « impossible » : arrêter le pouce ou la tétine avant la rentrée de septembre ? Pour de nombreux parents, le pouce ou la tétine sont souvent des moyens bien pratiques d'apaiser les pleurs de leur petit « bout de chou » ! S'en priver, c'est aussi se priver d'un peu de tranquillité : «c'est vrai que j'ai tendance à reporter ce moment fatidique car si ma fille se met à pleurer la nuit et qu'elle n'a plus sa « totote », son père et moi, on va se sentir démunis...», explique Claire, aide soignante dans le Doubs et jeune maman d'une petite Chloé, 2 ans... Pour l'enfant, la tétine ou le pouce ont une fonction déstressante favorisant l'endormissement. C'est une source de plaisir qui le calme. Une étude scientifique américaine a montré le rôle protecteur de l’usage de la tétine contre la mort subite du nourrisson. Grâce à sa forme, elle modifierait la façon dont l'air circule entre la bouche et le nez, libérant ainsi les voies aériennes supérieures. Chez les prématurés, la tétine permet également de ne pas perdre le rythme de la succion lorsque l'enfant est alimenté par perfusion et donc de favoriser le passage à l'allaitement.

Le pouce et la tétine causent des dégâts difficiles à corriger

Mais le pouce ou la tétine ont un inconvénient majeur : la langue étant en permanence maintenue en bas, elle ne vient plus s'appuyer sur le palais de l'enfant et bloque sa croissance. Les enfants qui continuent à sucer leur pouce ou une tétine à un âge avancé, parfois même jusqu'à l'adolescence, présentent un risque plus élevé d'avoir un palais étroit. Un palais qui s'est mal développé peut entrainer des problèmes respiratoires en raison de fosses nasales elles aussi trop étroites. Cette mauvaise ventilation peut s'accompagner de rhinopharyngites, rhinites, asthme, otites, ou apnées du sommeil. En revanche, les conséquences pour les dents ne sont pas les mêmes pour le pouce et pour la tétine. Le pouce exerce une traction avant qui entraînera un décalage entre le maxillaire inférieur et supérieur, avec les incisives du haut qui vont partir vers l'avant. La tétine, elle, comprime les deux maxillaires, laissant un espace ovale entre les deux incisives ! Et si votre enfant dépasse un certain stade, vous n'aurez pas d'autre solution que l'emmener voir un orthodontiste qui repositionnera ses dents à l'adolescence.

Pouce ou tétine : arrêter avant 3 ans !

Pour éviter cette solution extrême, le mieux, c'est en effet de profiter de l'été pour encourager votre enfant à « arrêter » avant l'âge de 3 ans ! Ou avant l'entrée en école maternelle car il vivra déjà suffisamment de bouleversements à ce moment là. Car plus la succion est tardive, plus elle aura de conséquences. Il faut fixer un cap, lui donner une échéance, comme l'a fait Audrey, 29 ans, infirmière dans le Pas-de-Calais et maman d'une petite Lisa : «Quand Lisa a eu 2 ans, je lui ai suggéré de confier sa tétine à sa mamie à la fin des grandes vacances... et ça a marché ! Le lendemain de son retour de vacances chez les grands-parents, elle a arrêté ! ». L'important, c'est d'aider votre enfant à prendre sa décision, en l'encourageant, plutôt qu'en le forçant : la suppression brutale de la tétine, sans son adhésion, ou le pouce bandé, ne sont pas toujours très efficaces ! Ultime solution : une visite chez l'orthodontiste ! « Après une visite, une première moitié d'enfants arrête immédiatement et une seconde a besoin d'une étape. En deux semaines souvent, c'est gagné et on considère qu'après 3 mois c'est définitivement abandonné... » souligne Frédérique Aloé-Tavernier, orthodontiste en région parisienne. En effet, l’accompagnement par un professionnel portera davantage que vos incitations. Au bout du compte, il ne reste généralement que 1 à 2 % d'enfants pour lesquels il sera plus difficile de se priver de pouce ou de tétine avant 3 ans. Ces derniers n'échapperont sûrement pas aux appareils dentaires qu'ils détestent tellement au moment de l'adolescence !
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