02 septembre 2014

Consommation : comment les Français ont changé leurs habitudes !

Face au recul du pouvoir d'achat, les Français continuent pourtant à consommer. Mais l'heure est à l'adaptation. Ils renoncent au neuf au profit de l'occasion, ou partagent des produits de consommation courante achetés en commun ! Et si leur goût pour la propriété était en train de changer ?

La crise persistante et le recul durable du pouvoir d'achat ont changé les habitudes. Le neuf à tout prix, c'est fini ! Hélène, infirmière en Bretagne, dans le golfe du Morbihan, confirme cette tendance «je n'hésite plus à renouveler ma garde-robe dans les dépôts-vente, ni à acheter des objets de décoration d'occasion... et depuis l'année dernière, j'échange mon appartement pour continuer à m'offrir des vacances à l'étranger..» Autrefois, elle achetait tout à l'état neuf. C'était même un principe. « Avant c'était un peu la honte d'acheter des fringues d'occasion, je me disais que c'était réservé aux pauvres, mais j'ai changé d'avis ! », s'exclame encore Hélène.

Consommer du neuf n'est plus la priorité

Avec le recul durable du pouvoir d'achat (-1,6 % en 2013), l'état d'esprit change. Tenter de maintenir son niveau de vie est le plus important. Voilà pourquoi le marché de l'occasion est en pleine explosion. « La crise de 2008 a rendu légitime la baisse des dépenses, sans que cela entraîne une dégradation dans l'échelle sociale » explique Philippe Moati, coprésident de l'Observatoire société et consommation. Selon une étude réalisée par un organisme financier, 63 % des Français sont prêts à donner une seconde vie aux objets. L'engouement pour les vide-greniers ne se dément pas : on en a recensé 50 000 en 2013 ! Le troc aussi a le vent en poupe. Selon l'Organisation mondiale du commerce, il représenterait même 20 % des transactions de la planète en 2014 !

Posséder n'est plus aussi important qu'avant

En fait c'est aussi le besoin d'économie allié au retour à la convivialité qui a renforcé ce phénomène. Les Français sont nombreux désormais à se grouper pour payer moins cher aussi bien des produits high tech, que la tondeuse pour le jardin, partagée entre voisins, ou même la voiture pour aller au bureau ! Grâce à internet, ils redécouvrent les joies de l'échange, du partage et tentent ainsi de préserver leur confort. Un appareil à raclette ou à fondue peut désormais se louer pour la soirée et passer d'un consommateur à un autre ! « Pourquoi acheter un appareil à raclette qu'on va sortir trois fois dans l'année, en plein hiver ? Autant le louer... » s'exclame David, ambulancier dans les Vosges. C'est la revanche de l'usage sur la propriété ! L'idée de détenir un objet à soi, rien qu'à soi, est en perte de vitesse. La pression économique a conduit de nombreux Français à y renoncer tout naturellement. «Avec mes voisins, nous achetons tout le matériel de sports d'hiver en commun, les skis, les blousons, les combinaisons... On part en vacances à tour de rôle, chaque famille emporte l'ensemble du matériel et au retour on échange ! » Cette démarche favorise aussi le lien social, et la solidarité.

« Même si le pouvoir d'achat s'améliorait, les choses ne reviendraient jamais comme avant... »

Les Français auraient pu faire le « gros dos » en attendant des jours meilleurs mais ils ont préféré changer en profondeur leurs habitudes et aussi leur état d'esprit. « La méfiance, la peur de se faire avoir, le dégoût pour les embrouilles financières, l'accumulation des problèmes sanitaires les ont poussés à consommer autrement et mieux », explique la sociologue Danielle Rappoport. C'est comme si la crise avait été salutaire pour remettre en cause le superflu. « Désormais l'échange, voire le don, procure autant, sinon plus de satisfaction que l'achat compulsif », explique Philippe Moatti, coprésident de l'Observatoire société et consommation. Et pour Danielle Rapoport, c'est un changement durable : « même si le pouvoir d'achat s'améliorait, les choses ne reviendraient jamais comme avant... » A se demander si le chanteur Alain Souchon n'avait pas déjà senti venir cette tendance, quand il a écrit sa chanson prémonitoire « Foule sentimentale »... A l'époque, il fustigeait déjà « ceux qui nous font croire que le bonheur c'est d'avoir de l'avoir plein nos armoires ». Il nous mettait déjà en garde contre « ces désirs qui nous affligent... »

D'autres articles sur le partage en période de crise!

Vivre autrement grâce au « cohabitat »

 Quand les grands-parents retraités aident leurs enfants débordés ! 
Retrouvailles familiales : un remède pour garder le moral en temps de crise  

0 commentaires :

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.