26 février 2015

L’entraide familiale : le remède à la crise !

L’entraide familiale n’a jamais autant compté qu’aujourd’hui ! Si on évoquait jusqu’à maintenant le rôle essentiel des grands- parents pour aider leurs enfants et notamment garder les petits-enfants, l’entraide familiale s’est généralisée : parents, grands-parents, mais aussi oncles, tantes, frères et sœurs, cette fois tout le monde s’y met, pour faire face à la crise…

 

« Dans ma famille, on n’hésite pas à se donner des coups de main ! », s’exclame fièrement Elise, 24 ans, infirmière dans le Limousin. Et quand elle entre dans le détail, la liste est impressionnante : « Avec ma sœur, on échange régulièrement nos vêtements pour renouveler nos garde-robes sans se ruiner, mon cousin est venu m’aider à monter un meuble de cuisine, et mon oncle a investi dans le restaurant de mon frère près de Limoges… » Le phénomène de l’entraide familiale n’est pas nouveau mais il s’est clairement accentué avec la crise. Selon une étude du CREDOC, qui étudie les habitudes de vie des Français, près de 8 personnes sur 10 ont été aidées par leurs proches en 2014. Et contrairement à certaines idées reçues, l’argent n’est pas la première source d’entraide. 61 % des personnes concernées disent avoir bénéficié d’abord d’un soutien moral par téléphone, 60 % ont été réconfortées physiquement, 37 % ont été épaulées par du bricolage… On trouve ensuite les gardes d’enfants, les tâches ménagères, les démarches administratives et enfin l’argent pour 13 % des personnes concernées. Selon le sociologue Jorg Müller, si l’entraide financière est en baisse ces dernières années, surtout chez les classes populaires, c’est à cause de la crise : « la peur de l’avenir les pousserait plutôt à conserver un bas de laine pour eux-mêmes, par prudence… »

L’entraide familiale ou le règne de la « débrouille »

Si on se serre les coudes de plus en plus, c’est moins par l’argent que par les réseaux familiaux. Sylvie est aide soignante débutante près de Nantes, son mari Yves travaille dans une usine de textiles, et tous deux partent chaque année en vacances à Vannes grâce à une grand tante qui les reçoit pendant une semaine dans sa vaste maison. Cyrille, ambulancier dans les Vosges, a prêté son canapé à sa jeune sœur qui venait de divorcer, « pour lui éviter un nouvel achat qui aurait ruiné ses finances… » Cette solidarité entre frères et sœurs ou entre cousins se développe de plus en plus, mais ceux qui restent les plus sollicités sont les séniors, les anciens « baby-boomers ». Ils sont souvent amenés à financer à la fois la maison médicalisée de leurs parents dépendants et la location du studio de leur plus jeune enfant qui entre à peine sur le marché du travail. L’économiste André Masson est très clair : « Cette génération qui a bénéficié du plein emploi, d’un accès facile au logement, de faibles cotisations sociales et d’un système de retraites favorable, dispose d’un patrimoine généralement non négligeable et le redistribue à sa façon… » Ainsi, les grands parents sont nombreux à financer le cours de judo de leur petit-fils, à acheter des paquets de couches pour le petit dernier, une paire de chaussures ou un manteau… « Des gestes discrets et moins gênants pour les parents qu’un virement bancaire », explique la psychologue Anne-Solenn Le Bihan.

Les séniors de plus de 50 ans retournent aussi chez leurs parents

Avec la crise, on observe aussi une autre tendance… Si on avait l’habitude de voir certains enfants, entre 25 et 30 ans, réintégrer le nid familial faute d’avoir trouvé un job durable, les seniors à partir de 50 ans sont eux aussi de plus en plus souvent de retour chez leurs parents. Après son divorce, Michèle, infirmière à mi-temps en région parisienne, n’a pas eu d’autre choix que de regagner provisoirement l’appartement de ses parents… Une situation qui a duré un an et demi. « Dans certains cas, un système d’entraide se met en place : les parents vieillissants qui accueillent de nouveau leur enfant bénéficient ainsi de son aide gratuite à domicile… C’est gagnant-gagnant ! » explique le sociologue Serge Guérin. Pas de doute : l’entraide familiale est souvent le seul moyen d’éviter de se retrouver dans des situations d’urgence et de précarité qu’il serait bien difficile d’affronter seul.
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