12 mai 2015

Devenir infirmier : qu’est-ce qui motive les jeunes ?

Le 12 mai, dans le monde entier, on célèbre chaque année la Journée Internationale de l’infirmière. C’est une forme de reconnaissance pour un métier difficile et exigeant, exercé par plus de 88 % de femmes ! En 2014, 31 128 étudiants ont été admis en 1ère année de préparation au diplôme d’Etat d’infirmier. Quelles sont les motivations de celles et ceux qui se destinent à ce métier ? Pourquoi devient-on infirmière ou infirmier ? Nous le leur avons demandé.

 

Les héros du quotidien - juges, médecins, infirmiers - qui peuplent les séries télévisées, pèsent encore fortement sur le choix des jeunes qui se destinent à ces métiers ! « Régulièrement, les médias influencent le choix de la profession », remarque Valérie Formaux, formatrice en IFSI (Institut de formation en soins infirmiers). Après « Urgences », il y a quelques années, la série télévisée « Grey’s Anatomy », avec ses équipes médicales tellement « glamour », nourrit aujourd’hui tous les fantasmes !

Mais quand on grandit, les motivations changent, s’affirment et deviennent plus profondes…

Parfois, il peut s’agir de choix très personnels : « À la suite du décès de mon grand père, j'ai eu comme un déclic », se souvient Lisa, 20 ans, aujourd'hui étudiante en IFSI … Et elle ajoute : «ça s’est passé quand j’étais en terminale au lycée : pendant sa maladie, je ne pouvais rien faire à part être présente, je ne pouvais pas l'aider à lutter contre la douleur, je me suis sentie impuissante. Voilà pourquoi je me suis orientée vers le métier d’infirmière… » L’expérience de la maladie et de la mort peut être décisive. Avoir été malade ou avoir soigné un proche peut conduire vers une approche du métier d'infirmière.

« Après plusieurs années entreprise, j’ai éprouvé le besoin profond de me sentir utile vis à vis des autres »

Mais les jeunes qui n’ont pas eux même côtoyé la mort ou la maladie mettent plutôt en avant des valeurs humanistes, une forme de générosité, « l’envie d’aider les autres en général », la dimension relationnelle avec le patient, le lien qui va se tisser... « Après plusieurs années passées en entreprise, j’ai éprouvé ce besoin profond de me sentir utile vis à vis des autres », explique Sophie, 33 ans, déjà titulaire d'un DUT en chimie, aujourd'hui élève en première année d'IFSI. Elle précise : « Dans trois ans, je pourrai enfin faire le boulot de mes rêves, et me dévouer pour les patients… C’est un peu comme une mission que je me suis donnée…»

Le modèle familial influence largement, parfois inconsciemment, le choix de devenir infirmier ou infirmière : les élèves comptent souvent des membres de leur entourage dans le secteur sanitaire ou dans la fonction publique. Ils le disent eux-mêmes, leur choix d'études n'est pas le fruit du hasard : « J'ai une cousine qui est infirmière, une autre médecin, et un cousin aide-soignant » , énumère Ludivine, 26 ans, en 2ème année de formation. Une situation que les jurys des écoles spécialisées connaissent bien : « Si nous recevons un candidat issu d'une longue tradition familiale de soignants », précise Valérie Formaux, formatrice en IFSI, « il est cuisiné (gentiment !) pour savoir si son projet est le sien ou celui de papa ou maman ».

Mais depuis quelques années, ceux qui se destinent au métier d’infirmier ont aussi d’autres motivations, plus concrètes : « le profil des personnes qui se présentent aux concours des IFSI a changé », observe encore Valérie Formaux. « On n'hésite plus à nous dire que le choix de cette profession se fait pour la sécurité de l'emploi. » Crise oblige, certains étudiants qui n’avaient pas forcément la vocation au départ, se dirigent vers le métier d’infirmier ou d’infirmière car ils ont la quasi-certitude, après l’école, de trouver du travail…

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