30 juillet 2015

On est loin d’en avoir fini avec la tuberculose !

Décrite dès l’antiquité par Hippocrate, c’est au 20ème siècle que de nouveaux traitements ont été développés pour tenter d’éradiquer cette maladie infectieuse : le vaccin, le BCG, mis au point par Pasteur en 1921, puis les antibiotiques en 1945… Pourtant, en 2015, la tuberculose résiste, y compris en France. Pourquoi ? Explications.

La tuberculose est une maladie infectieuse due à une bactérie, le bacille de Koch. Très résistante dans l’air, elle se transmet par la toux, les éternuements, les postillons, en pénétrant dans l’organisme par les voies respiratoires. On estime qu'une personne infectée et non traitée peut ainsi contaminer 10 à 15 autres personnes en l'espace d'une année ! Une fois dans les poumons, le bacille attaque les tissus, créant de petites cavités dans lesquelles il prolifère…
La tuberculose fait partie des maladies les plus mortelles de l'histoire de l'humanité, elle tue encore près de deux millions de personnes chaque année dans le monde.
Pourtant, avec la découverte des antibiotiques en 1945, on pensait en avoir fini avec celle qu’on appelle aussi « phtisie » (« dépérissement » en grec) ou « peste blanche », à cause du teint très pâle des malades.
En 1921, à l'Institut Pasteur de Lille, Albert Calmette et Camille Guérin avaient même mis au point le premier vaccin : le BCG. "Il s'agissait d'une vaccination orale, des cultures vivantes de cette bactérie ont donc été données aux enfants. Et après ce vaccin, on a nettement remarqué une baisse de l'incidence de la tuberculose et des cas de tuberculose en France", explique Roland Brosch, directeur de recherche en mycobactériologie à l'Institut Pasteur.

Une multiplication des patients atteints de tuberculose multirésistante aux traitements standards

Alors pourquoi aujourd’hui la tuberculose progresse-t-elle encore ? Parce que c’est la « maladie de la pauvreté » : en France comme ailleurs, elle se développe chez les patients qui vivent dans des conditions insalubres et qui n’ont pas ou peu accès aux soins. Du coup, depuis deux ans, on observe une multiplication en France de patients atteints de tuberculose multirésistante. Comme ils se sont fait soigner très tardivement pour des raisons économiques (beaucoup sont des SDF), les traitements standards ne sont plus assez efficaces.
En France, chaque année, plus de 5.000 nouveaux cas de tuberculose sont déclarés. Parmi eux, 60 à 70 sont des tuberculoses résistantes aux traitements standards. « Mais ça, ce sont les cas que nous connaissons. On estime en fait le nombre de personnes concernées à une centaine au total », explique le professeur Elizabeth Bouvet, infectiologue au CHU Bichat-Claude Bernard à Paris.
Fait aggravant : la vaccination contre le BCG n'est plus obligatoire en France depuis 2007. Mais elle reste fortement conseillée pour les populations à risque. Des recommandations qui ne sont pas toujours suivies. Certaines régions, comme l'Ile-de-France, ou la Guyane, deviennent ainsi des réservoirs de l'épidémie.

La tuberculose, 2ème cause la plus fréquente de décès par maladie infectieuse chez l’adulte après le VIH

A l’occasion des 16 èmes journées nationales de l’infectiologie, en juin 2015, l’un des plus grands laboratoires de santé au monde a annoncé espérer pour septembre la mise sur le marché de la bédaquilline, une molécule découverte par une équipe de chercheurs français. Elle traiterait avec efficacité la tuberculose résistante aux traitements standard. Pour le moment, elle bénéficie d’une autorisation temporaire en France, permettant à certains malades de l’utiliser. Il existe des centres de lutte anti-tuberculose dans tous les départements français où l'on peut se faire dépister et obtenir un traitement gratuit. Mais d’autres n’ont pas cette chance : aujourd'hui, un tiers de la population mondiale est infecté, et 22 pays totalisent à eux seuls 80% des cas mondiaux. Dans le monde, c’est la 2ème cause la plus fréquente de décès par maladie infectieuse chez l’adulte après le VIH. Voilà pourquoi elle est aujourd'hui considérée comme une urgence sanitaire par l'Organisation mondiale de la santé.

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