24 septembre 2015

L’incroyable boom technologique de la blanchisserie à l’hôpital !

La blanchisserie à l’hôpital traite 1500 tonnes de linge par jour sur l'ensemble des sites répartis dans toute la France ! 12 000 personnes travaillent au lavage du textile à l’hôpital, et parmi eux, 80 % en interne. Comment le métier a-t-il évolué en quelques années avec le développement technologique ? Comment la blanchisserie a-t-elle réussi à répondre aux exigences écologiques qui pèsent désormais sur son fonctionnement comme sur toutes les entreprises de nettoyage ? En se transformant…

On en parle rarement et pourtant la blanchisserie joue un rôle essentiel à l’hôpital : d’abord parce qu’elle est au cœur de la lutte contre les infections nosocomiales. La prévention de l'infection exige que les méthodes de traitement du linge, qu'il s'agisse des draps, champs opératoires ou tenues du personnel, soient irréprochables. Le linge participe également à « l'image de marque de l'hôpital ».
En effet, c'est lui que les malades et les visiteurs voient en premier. Voilà pourquoi, au fil des années, les établissements ont mis en place des protocoles, des évaluations et des normes de plus en plus stricts. La « fonction linge », comme on l’appelle aujourd’hui, commence en effet au lit du patient. Ce linge prendra ensuite un chemin complexe et souvent méconnu : il va être collecté, stocké, trié, lavé, puis remis dans le circuit. Des mains gantées vont trier le linge, le répartir dans des paniers à linge sale de couleurs différentes, selon leur provenance, avant de les vider dans de gigantesques machines de lavage, petits bijoux de technologie ! Rien ne doit être laissé au hasard, la sécurité des patients et des agents en dépend ! Du linge mal trié, mal lavé ou mal désinfecté et voilà le spectre des maladies nosocomiales et autres risques infectieux qui revient…

En fait les directeurs d’établissements sont confrontés à la nécessité du « risque zéro » mais aussi aux impératifs économiques et écologiques. Laver du linge coûte cher, notamment en eau, et les lessives et autres détergents sont aussi de grands « pollueurs ».

Des puces électroniques permettent d’identifier le linge, de l’orienter, de le restituer à son porteur…

Pour diminuer les coûts, des robots automatisés effectuent désormais le transport du linge dans certains établissements. Des puces électroniques sont intégrées aux draps ou aux blouses pour mieux retrouver leur emplacement initial dans les distributeurs de linge automatisés. Ce qu’on appelle les puces RFID permettent d’identifier le linge, de l’orienter, de le restituer à son porteur de manière plus précise qu’avec le classique code-barres…
Dans un hôpital presque neuf du Sud-Est de la France, tout est automatisé : l’agent vient s’identifier sur l’armoire via un badge. Il choisit les tenues dont il a besoin et les récupère. À la fermeture des portes de l’armoire, un inventaire systématique est lancé afin de vérifier que la déclaration correspond bien à la prise de l’agent. Une fois sa journée terminée, il restitue ses articles dans un des collecteurs. Le système va vérifier que cette restitution correspond à la dotation. Si c’est le cas, il verra son compte re-crédité. Si des incohérences existent, une alerte lui sera envoyée par mail ou SMS !

Certaines machines intègrent déjà la possibilité de récupérer la dernière eau de rinçage, pour la recycler en première eau de lavage !

Les choix des matériels se font souvent sur trois critères : les économies d’eau possibles, l’utilisation de produits éco-labellisés, les économies sur la consommation électrique avec leur impact positif sur l’empreinte écologique de l’établissement. Certaines machines intègrent déjà la possibilité de récupérer la dernière eau de rinçage pour la recycler en première eau de lavage. Le gain en eau et énergie est très important. D’autres constructeurs ont développé des séchoirs qui programment la durée du séchage en fonction de l’hygrométrie (l’humidité) du linge. Le séchage est donc optimisé et les économies d’énergie ne sont pas négligeables.

Face à cette arrivée massive de la technologie, certains s’interrogent : en 2030, pour gérer la « fonction linge », les robots auront-ils remplacé tous les agents ? Laurence Brulé, présidente de l’Union des Responsables de Blanchisserie Hospitalière (URBH) est plutôt optimiste : « Avec le développement des systèmes de pilotage de production, nous allons gagner en productivité, sécuriser les étapes de production et améliorer les flux. Mais, les opérateurs auront toujours leur place au sein des blanchisseries industrielles. » En fait, les enjeux resteront ceux d’aujourd’hui : améliorer la qualité tout en réduisant les coûts et conserver une démarche écologique, qui préservera la santé des utilisateurs de linge hospitalier, comme l’environnement. Vaste objectif !

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1 commentaire :

  1. C'est fou que la blanchisserie à l’hôpital traite 1500 tonnes de linge quotidiennement sur l'ensemble des sites répartis dans toute la France. Je ne savais pas que les choix des matériels se faisait souvent sur trois critères. Merci d'avoir expliqué cela. Cet article a des informations très intéressantes !

    http://www.blanchelle.net/fr/livraison-transport

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