19 novembre 2015

Conférence Climat de Paris : le mode d’emploi pour bien comprendre !

Dans quelques semaines seulement, du 30 novembre au 11 décembre, se tiendra à Paris la Conférence Climat (ou COP21) réunissant 196 pays, autant dire le monde entier ! Objectif : parvenir à un accord visant à limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici à 2050.
Mais que va-t-il se passer concrètement ? Comment les 196 pays vont-ils travailler ensemble ? De quoi vont-ils discuter ? Quels sont les risques d’échec ? Voici ce qu’il faut savoir avant, pour mieux comprendre ce qui va se passer pendant !

Que veut dire COP 21 ?
Ce n’est pas la première fois que les pays du monde entier se réunissent pour tenter de limiter le réchauffement climatique. Ils se réunissent même tous les ans depuis 1995. La conférence de Paris est donc la 21ème depuis cette date. COP signifie en anglais « Conference of parties », ou « Conférence des parties », en clair : Conférence des pays ! Comme c’est la 21ème, on l’appelle « COP21 » ! La COP 22 est déjà programmée pour 2016 au Maroc.

Quel est l’objectif de cette conférence mondiale ?
Notre planète s’échauffe anormalement du fait notamment de l’utilisation croissante des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), et du développement de l’industrie. Ce sont les gaz à effets de serre (dioxyde de carbone ou CO2) émis par l’homme qui contribuent au réchauffement anormal de la planète. L’objectif de la COP 21 : d’obtenir un accord universel, juridiquement contraignant, permettant de réduire les gaz à effet de serre produits par l’homme et maintenir en dessous de 2°C l’échauffement de la planète d’ici à 2050.

Qui sera présent à Paris à partir du 30 novembre ?
Pour donner l’impulsion et affirmer une volonté politique forte, les chefs d’Etat accompagneront leurs délégations à l’ouverture de la COP21. Mais ensuite, ils ne négocieront pas directement. Leurs délégations feront le travail pendant les 12 jours et 12 nuits de la conférence. La France souhaiterait que le document final ne dépasse pas 20 pages et que les engagements de chacun soient précis. Chaque pays sera invité à expliquer comment il compte s’y prendre pour réduire les gaz à effet de serre chez lui, avec quels moyens financiers, et à quelle date !

Quelle organisation la France a-t-elle mise en place ?
On parle de la Conférence de Paris mais en réalité les négociations auront lieu sur les 18 hectares aménagés au Parc des expositions du Bourget au nord de la capitale. Après les attentats sanglants du 13 novembre à Paris, la sécurité a été renforcée. Mais la réunion, le premier jour, de la quasi totalité des chefs d’Etat dans un même lieu risque de donner des sueurs froides aux organisateurs ! 17 000 délégués accrédités sont attendus, ainsi que 3000 journalistes et 20 000 observateurs extérieurs du monde entier (responsables associatifs, syndicats...) Coût total de l’événement : 170 millions d’euros mais la France espère 100 millions d’euros de retombées économiques (nuits d’hôtels, restaurants, visites touristiques…) Pour éviter de trop gros embouteillages au nord de Paris, et pour limiter la production de gaz à effet de serre, les délégués seront invités à emprunter les transports en commun, le RER, pour se rendre au Bourget !

La COP 21 peut-elle échouer ?
Le risque d’échec existe. Nicolas Hulot, l’ancien animateur de télévision, aujourd’hui envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, est inquiet : « Malgré une mobilisation sans précédent, on risque de ne pas arriver à une limitation de 2 degrés de hausse de la température moyenne mondiale visée par la conférence des Nations Unies sur le climat. Pour le moment, on n'est pas sur la trajectoire des 2 degrés, on est entre 2,5 et 3,5 degrés, on est largement au-dessus…»
En clair, les engagements pris par les uns et les autres avant la conférence risquent de ne pas être suffisants pour sauver la planète ! Pire : à quelques semaines du début de la COP21, certains pays participants semblent reculer. Le 12 novembre dernier, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé dans le Financial Times : "Si nous parvenons à un accord, ça ne sera certainement pas un traité (...) Il n'y aura pas d'objectifs de réduction juridiquement contraignants…»
Autrement dit, on pourra prendre tous les engagements possibles mais on ne sera pas obligé de les respecter ! Autre difficulté : pour que la conférence réussisse, les pays riches devront aussi s’engager à aider financièrement les pays en développement, et leur fournir aussi la technologie pour développer des usines moins polluantes. En 2009, au Danemark, les pays riches s’étaient engagés à verser 100 milliards d’euros annuels à partir de 2020 aux pays pauvres pour les aider à choisir des modes de développement moins polluants. 2020 approche et ces promesses doivent maintenant se traduire en actes concrets. Les pays pauvres ne parviendront pas à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre sans l’aide financière des plus riches. Si cette aide n’est pas débloquée, l’objectif de contenir l’augmentation de la température de 2°C d’ici à 2050 ne sera pas atteint.

Quelles conséquences humaines en cas d’échec ?
A cause de ce réchauffement climatique, les glaciers d’altitude fondent inexorablement et les glaciers des calottes polaires diminuent chaque jour un peu plus et contribuent à l’élévation du niveau des mers : + 3 mm par an, soit une hausse de 20 cm au total en un siècle… Si toutes les glaces fondaient, on sait que de nombreuses grandes villes du monde entier seraient englouties par les eaux. Pour fuir ces catastrophes annoncées, un milliard d’êtres humains pourraient subir l’exode climatique d’ici à 2050, avec des détresses alimentaires, sanitaires et sécuritaires sans précédent. Voilà pourquoi, il faut à tout prix trouver un accord lors de cette COP21. « C’est un peu la conférence de la dernière chance », prévient Nicolas Hulot.

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