14 avril 2016

Comment les jeunes de 20-25 ans voient leur avenir ?


En mars 2016, l’institut de sondages Odoxa a demandé à l’ensemble des Français comment ils voient les jeunes de 18 à 34 ans confrontés à leur entrée sur le marché du travail. Et il a questionné les jeunes eux mêmes sur l’idée qu’ils se font de leur avenir. Tous s’inquiètent des difficultés rencontrées pour trouver un premier job. Et même un premier stage. Les 18-34 sont désabusés et leurs parents peu optimistes pour demain.

Pas si simple d’être jeune en 2016. C’est le principal enseignement du sondage réalisé en mars 2016 par l’Institut Odoxa. Les Français jugent les jeunes de 18 à 34 ans « créatifs » (73 %) et « enthousiastes » (61 %), mais aussi « revendicatifs » (72 %), individualistes (67 %) et coupés des réalités (60 %). L’image qu’ils ont de ces jeunes est donc très contrastée : les 18-34 ans ont de la bonne volonté mais ils sont désabusés. Et cette attitude s’explique facilement.

Trouver un stage relève désormais du parcours du combattant. Certaines entreprises reçoivent parfois jusqu’à 800 demandes pour un seul poste de stagiaire !
Les parents commencent à penser que la vie de leurs enfants sera certainement plus difficile qu’elle ne l’a été pour eux. Et les jeunes eux-mêmes ont désormais conscience de cette évolution. Du coup, pour eux, la charge est lourde à porter, car l’insertion est de plus en plus difficile sur le marché du travail. « Baladés de stages bidon en CDD, les jeunes ne croient plus aux grandes promesses d’épanouissement par le travail car leur quotidien est fait de galères et de petits boulots », explique Gaël Sliman, président de l’institut Odoxa. Ils sont de plus en plus critiques vis à vis de l’entreprise. Ce que confirme Ingrid, stagiaire dans une grande banque depuis presque 3 mois : « A quoi ça sert de se donner à fond, d’en faire plus que ce qu’on nous demande, quand on sait qu’au bout du stage l’entreprise va quand même vous remercier pour vous remplacer par un autre stagiaire ! »

Leur rapport à l’entreprise a donc changé. 47 % des 18-34 ans demandent avant tout à l’entreprise d’être plus attentive aux conditions de travail et 44 % veulent qu’elle leur préserve un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée… « Je ne cherche pas à être milliardaire », s’amuse Clémence, infirmière depuis 5 ans, « ça ne sert à rien d’avoir le job qui claque , une vie de rêve sur le papier, si dans les faits on n’a pas l’impression de vivre ni d’être heureux… » Et elle ajoute : « avec mes amies, on discute souvent de nos salaires et tout le monde est d’accord pour dire qu’en dessous de 2000 euros, c’est compliqué d’avoir une vie normale, de partir en vacances de temps en temps et de se prendre un apéro une fois par semaine le soir… »


Malgré les difficultés, 54 % des 18-34 ans restent optimistes

 

Beaucoup font le choix de poursuivre encore et encore leurs études. A 25 ans, bon nombre d’entre eux ont déjà changé plusieurs fois d’orientation ou de filières, certains ont abandonné leurs études pour les reprendre, d’autres ont « décroché » pendant un an pour partir à l’étranger puis sont revenus. « A 28 ans, avec un BAC + 5, je galère encore, souligne Lilly, qui vient de terminer ses études de communication… » Et elle ajoute avec une pointe d’agacement : « Beaucoup d’employeurs potentiels me demandent pourquoi j’ai tellement traîné avant de me lancer dans la vie active… On voit bien qu’ils ne sont pas à notre place ! » Pour Bernard Spitz, auteur de « On achève bien les jeunes », ce portrait d’une génération désabusée est « le résultat d’une France qui a sacrifié sa jeunesse à coups de filières de formation sans espoir, de contrats précaires, de logements inaccessibles : ils ont tous des raisons d’en vouloir à la société car jamais l’accès à l’emploi n’a été aussi difficile, même pour un stage. On ne leur laisse le choix qu’entre la révolte, la résignation, ou l’exil à l’étranger… »

Malgré tout, une partie de ces jeunes de 18 à 34 ans a envie d’y croire. Dans le même sondage, si seulement une minorité de Français, 46 %, déclare globalement être « optimiste pour l’avenir », les jeunes sont quand même 54 % à se déclarer optimistes. Mais ils savent qu’ils ne pourront compter que sur eux-mêmes… et sur leurs parents !


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