18 août 2016

Des cellules souches dans le cerveau pour lutter contre les séquelles d’un AVC !


Les chercheurs de l’Université de Stanford préparent certainement une petite révolution : la médecine régénératrice pourrait aider certains patients, victimes d’un AVC, à réduire et même à faire disparaître certaines séquelles apparues après leur accident cérébral. Ces recherches sont capitales à la fois pour les patients mais aussi pour les soignants : ces derniers se trouvent souvent démunis, et n’ont souvent rien de neuf à proposer à des patients dont les lésions neurologiques paraissent fixées quelques mois après l’accident. L’espoir renait pour les patients, mais c’est aussi une bonne nouvelles pour les services qui assurent le suivi de ces patients. 

A l’échelle mondiale, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent la deuxième cause de mortalité et la première cause de handicap. En France, on compte chaque année plus de 150 000 personnes frappées par un AVC. La majorité de ces accidents neurologiques s’expliquent par une obstruction d’une artère nourricière du cerveau par un caillot. On sait que le meilleur traitement est de lutter en urgence contre cette obstruction, de déboucher l’artère dans les 6 premières heures. Soit grâce à des médicaments, soit grâce à une technique de thrombectomie : elle consiste à piéger le caillot dans un filet et à le retirer en passant par l’artère fémorale. Et pourtant, même si les conditions de traitement en urgence sont réunies, même si la rééducation qui suit est souvent très efficace pour récupérer un grand nombre de fonctions, la majorité des patients conserve souvent des séquelles motrices ou intellectuelles.

Voilà pourquoi les recherches de l’Université de Stanford aux Etats-Unis sont particulièrement intéressantes et prometteuses : en injectant des cellules souches directement dans le cerveau de patients souffrant de séquelles d’un AVC, une équipe de chercheurs américains a obtenu une amélioration de leur déficit moteur, sans complications notables avec un an de recul. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique internationale Stroke le 2 juin 2016. Les chercheurs ont sélectionné 18 patients, victimes d’AVC, six mois à trois ans plus tôt. Tous avaient des séquelles principalement motrices. Les uns ne pouvaient plus marcher, les autres avaient perdu l’usage d’un bras ou avaient des difficultés à parler. Les chercheurs ont prélevé des cellules souches provenant de la moelle osseuse ou de tissus adipeux de donneurs. Elles ont donc été injectées directement dans le cerveau des patients, exactement au niveau de la zone comportant des lésions.

 « Des patients qui étaient en fauteuil roulant ont remarché ! »

 Premier constat : les chercheurs n’ont relevé aucun souci de tolérance. Mais, et c’est le plus important, alors que l’état neurologique des patients était stable, il s’est amélioré après l’injection ! Avec parfois des résultats très spectaculaires : « Des patients qui étaient en fauteuil roulant ont remarché ! », explique Gary Steinberg, responsable de l’équipe de chercheurs de Stanford, pionnière dans ce domaine. Les cellules souches ont agi en aidant le cerveau à se réparer lui-même et à cicatriser, par la sécrétion de certaines substances après la transplantation.
C’est une immense avancée bien sûr pour les patients, mais aussi pour les soignants : « Six mois après un AVC, les lésions neurologiques sont en général fixées et jusqu’ici nous n’avions pas grand chose à proposer aux patients », explique le professeur Jean-Marc Orgogozo, chef du service de neurologie du CHU de Bordeaux. Si les recherches de l’Université de Stanford sont confirmées, les espoirs d’amélioration réelle changeront la donne dans la relations avec les patients. Les soignants se sentiront moins démunis.
Voilà pourquoi les chercheurs américains sont décidé l’expérimentation sera menée en double aveugle : ni le patient, ni le chercheur ne sauront si le traitement a été réellement effectué ou pas, certains des patients subissant en fait une fausse intervention chirurgicale… En Europe aussi les chercheurs avancent : le docteur Olivier Detante, neurologue à l’unité neurovasculaire du CHU de Grenoble coordonne un projet européen, « Resstore », qui prévoit d’évaluer une thérapie cellulaire chez 400 patients dans les 15 jours suivant leur AVC. Nul doute que la médecine régénératrice, et en particulier la thérapie cellulaire, devraient bientôt constituer une vraie révolution dans le traitement de nombreuses pathologies et en particulier le traitement des séquelles des AVC.

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