20 octobre 2016

Un Français sur 5 n’a pas les moyens de se chauffer l’hiver


Le chiffre est impressionnant : faute de moyens, plus de 12 millions de Français ne chauffent pas leur logement comme ils le devraient. C’est le résultat d’une enquête de l’ADEME, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Les plus modestes vivent souvent dans les logements les plus mal isolés, ce qui alourdit encore plus leur facture énergétique. Les pouvoirs publics tentent aujourd’hui de sortir ces Français en difficulté. Il y a urgence.

En 2008, 8 millions de Français éprouvaient des difficultés à chauffer leur logement. En 2016, ils sont désormais 12,2 millions soit une augmentation de près de 50 % en 8 ans ! Ces chiffres alarmants proviennent d’un rapport de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et du Centre Scientifique du Bâtiment. Pourquoi la situation s’est-elle à ce point aggravée ? A cause de la crise économique de 2008, mais aussi de la hausse des prix de l’électricité et du gaz.
Un Français sur 5 vit donc actuellement en situation de précarité énergétique en France. La précarité énergétique peut se définir comme la difficulté, voire l’incapacité à pouvoir chauffer correctement son logement, à un coût acceptable. Selon le rapport, font partie des foyers ayant des difficultés à se chauffer, ceux qui dépensent plus de 10 % de leurs revenus pour payer leur facture énergétique. Mais le rapport prend en compte aussi le ressenti au froid. Car nombreux sont ceux qui chauffent un peu, mais pas assez pour avoir chaud. Ceux là aussi font partie des 12,2 millions de Français en difficulté pour se chauffer.
Pour tous, la précarité énergétique constitue une sorte de « double peine» : selon l’ADEME, les 20 % de ménages les plus pauvres consacrent à l’énergie une part de budget 2,5 fois plus élevée que les 20 % les plus riches. Pour une raison simple : les plus modestes n’ont pas les moyens d’isoler correctement leurs logements, et, comme disent les spécialistes en chauffage, « les performances thermiques de leurs habitations sont généralement mauvaises…». Les radiateurs et les ballons d’eau chaude, souvent vétustes, participent également à gonfler la facture énergétique des plus pauvres.

Objectif : réduire la précarité énergétique de 15 % d’ici à 2020


Un logement mal chauffé va ensuite avoir des conséquences en cascade : plus humide, il va rapidement se détériorer. Pour ses occupants, adultes et enfants, le froid qui persiste va entrainer fatigue (pour maintenir sa température interne, le corps doit compenser ses déperditions), et des maladies à répétition (maladies respiratoires, maladies cardio-vasculaires, arthrites et dépressions)…
Voilà pourquoi les pouvoirs publics veulent inverser la tendance et aider à la rénovation de plus de 500 000 logements par an entre 2017 et 2020 (380 000 dans le privé et 120 000 dans le parc public). Objectif : mieux isoler les appartements pour réduire la facture énergétique des foyers précaires.
Si le plan est mené à son terme, la précarité énergétique devrait baisser de 15 % d’ici à 2020. Autre initiative : dans certains départements, en Ardèche, dans l’Aveyron, les Côtes d’Armor et le Pas de Calais, les pouvoirs publics distribuent un « chèque énergie » pour aider les plus modestes : 144 euros par an pour une personne isolée avec un revenu fiscal annuel très bas de 5300 euros, 227 euros pour un couple avec enfants déclarant 10 000 euros par an. L’expérience devrait être généralisée en 2018.

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