22 décembre 2016

Stéphanie, infirmière aux urgences le soir de Noël


Stéphanie, 27 ans, est infirmière en CHU et elle est volontaire pour assurer son service aux urgences le soir du réveillon de Noël. Une nuit un peu particulière pendant laquelle son travail consiste surtout à rassurer des patients un peu trop seuls ou à soigner en urgence ceux qui ont abusé de l’alcool.


A l’accueil des urgences, dans un grand hôpital de l’ouest de la France, le sapin richement décoré clignote avec une belle régularité. Il est 21 h 45 et les patients commencent à affluer. Stéphanie, 27 ans, vient d’arriver dans le service. Pour cette petite blonde d’1 mètre 59, mince et fluette, énergique et volontaire, c’est le deuxième réveillon de Noël à l’hôpital. Avec ses collègues, elle a préparé un petit dîner de fête. « J’aime bien travailler le soir du réveillon de Noël », raconte Stéphanie, « car je n’ai pas d’enfants, pas de mari, et mes parents habitent loin, ça ne me prive pas et puis ici il y a beaucoup de gens à réconforter, on se sent vraiment utile… »

« Ce soir on a beaucoup de bobologie »

Mais pour l’heure, le repas de réveillon prévu dans la salle de repos devra attendre ! Une dizaine de patients sont répartis dans la douzaine de boxes disponibles, d’autres attendent dans les couloirs. «Ce soir on a beaucoup de bobologie, des gens qui ont besoin d'être rassurés », explique Stéphanie, en observant les radios d'un patient de 83 ans qui a fait une chute et perdu connaissance. « Pour les personnes seules et isolées, l’hôpital est souvent la seule petite fenêtre allumée le soir du réveillon, une présence, un lieu qui les accueillera toujours quoi qu’il arrive… En début de soirée, on est amené à faire davantage de psychologie que de soins ! »
A 22 h 45, à la faveur d’une petite pause dans l’afflux des patients, Pierre, son collègue aide-soignant, ancien gendarme reconverti, a ouvert quelques huîtres ! Un répit qui sera de courte durée : une jeune maman vient accoucher en urgence ! «Ce sera un bébé de Noël !» annonce fièrement Stéphanie.
Une heure plus tard, les couloirs se remplissent de nouveau. Stéphanie surveille une vieille dame qui a eu un malaise en début de soirée. Très entourée par ses enfants et petits enfants, encore vêtus de leurs habits de fête, la vieille dame passera la nuit aux urgences. Au téléphone, Stéphanie cherche aussi une place pour un jeune garçon tombé de vélo. Pas de place en orthopédie, il devra changer d’hôpital pendant la nuit.

Aux urgences, les premiers patients ivres arrivent vers minuit et demi.

En salle de repos, pas le temps de déguster les premières huîtres : elles sont rapidement avalées à minuit et demi, juste avant l'arrivée du premier patient ivre, amené par les pompiers après une violente dispute. Il est 1 heure 30 du matin. 10 patients occupent le service : une indigestion, un corps étranger dans l'œil, un boxeur saoul…« A Noël et pour le Nouvel an, enchaîne Stéphanie, on accueille toutes les décompensations de cirrhoses ou les pancréatites aiguës… L’année dernière j’ai passé ma nuit de garde à réanimer ! » Ce n’est que vers 4 heures du matin, que l’équipe réussira à avaler quelques toasts et quelques bouchées de boudin créole ! A 7 heures, il sera temps pour Stéphanie de rentrer chez elle… Mission accomplie jusqu’à l’année prochaine ! « Mes collègues ont toutes des enfants, je ne me vois pas les priver de cette soirée en famille, tant que je le peux, je continuerai à assurer ici le soir de Noël… Mais pour le réveillon du 31 décembre, je vais m’éclater avec des amis ! Bonnes fêtes à tous ! »

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