25 mai 2017

« Baluchonnage » : donner un peu de répit aux aidants



Un rapport parlementaire publié en avril 2017 propose de mettre en place officiellement le système du « baluchonnage » en France : l’idée c’est de permettre aux quelques 8,3 millions d’aidants familiaux qui aident un proche à domicile pour raisons de santé de souffler un peu et d’être remplacés par un tiers rémunéré. Le rapport préconise d’introduire une pause de 2 jours et une nuit minimum, soit 36 heures, et propose que dans la prochaine loi de financement de la Sécurité Sociale, des crédits soient alloués pour permettre sa mise en œuvre.


En France, 8,3 millions d’aidants apportent soutien, et réconfort bénévole, à un parent âgé dépendant en perte d’autonomie, un conjoint malade, un enfant ou un adolescent handicapé. Plus d’un aidant sur deux est une femme (56 %) et 55 % sont âgés de 50 ans ou plus. La plupart (87 %) aident un membre de leur famille. « L’aidant peut apporter un soutien moral, réaliser des activités domestiques, aider à se déplacer, suivre les formalités administratives et accompagner les soins », explique Claudie Kulak, fondatrice de l’association La Compagnie des aidants et elle même aidante. « C’est un peu le chef d’orchestre du quotidien. Il doit tout gérer, y compris son propre stress, voire sa culpabilité s’il n’est pas aussi disponible qu’il le voudrait ou s’il n’arrive pas à obtenir ce qu’il souhaite. L’aidant perd aussi beaucoup de temps à rechercher des informations, à trouver les bons interlocuteurs. »
En moyenne, en France, 226 kilomètres séparent l’aidant de son proche. Ces déplacements incessants ont un impact sur la vie de famille, mais aussi sur la vie professionnelle, puisqu’il faut parfois se rendre disponible pendant les horaires de bureau pour pouvoir joindre tel ou tel service qui n’est pas ouvert le week-end. Les soucis s’accumulent, tout comme la fatigue, et on peut vite être dépassé.

Isolement, fatigue, manque de temps : la santé des aidants est fragile.


Les chiffres sont cruels : 30 % des aidants meurent avant leur proche atteint de la maladie d’Alzheimer. En cause : l’épuisement physique et mental. Les aidants doivent faire face à de nombreuses difficultés, mais heureusement, la société prend doucement conscience de leur rôle social et économique et la législation française évolue peu à peu.
La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, promulguée fin 2015, prévoit la reconnaissance du statut de « proche aidant ».
« Ce statut, que l’on peut juger insuffisant, constitue pourtant un premier pas, une reconnaissance pour les aidants, qui ont longtemps été considérés comme des invisibles », note le sociologue Serge Guérin.

Un répit  de 2 jours et une nuit pour les aidants

Le récent rapport parlementaire (avril 2017) propose de franchir une étape supplémentaire : permettre à ces aidants d’avoir un répit,  de « souffler » de temps en temps en mettant en place officiellement le système du « baluchonnage ». L’aidant prend son « baluchon » et « souffle » quelques jours pendant qu’un tiers rémunéré, formé pour cela, le remplace. L’idée est née au Canada. Selon les spécialistes, pour qu’elle soit bénéfique, cette pause doit être d’au moins 2 jours et une nuit, soit 36 heures d’affilée.
Aujourd’hui, sa mise en place se heurte à des difficultés de financement. Pour que cette mesure préconisée dans le rapport soit appliquée, il faut que les pouvoirs publics l’inscrivent dans la prochaine loi de financement de la sécurité Sociale. « L’enjeu, aujourd’hui, est de faire en sorte que les questions autour des aidants restent dans l’agenda des pouvoirs publics», conclut le sociologue Serge Guérin.

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