Argent et Impôt

Baisse du prix du pétrole : conséquence à la pompe !

19 février 2015
Depuis quelques mois, la chute des cours du pétrole se ressent légèrement à la pompe mais pas autant qu’elle le devrait ! Pourquoi les automobilistes continuent-ils à payer leur essence au prix fort alors que le « brut » a baissé de 50 % ? Les associations de consommateurs s’interrogent et mettent en cause les distributeurs.
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Depuis la mi-juin 2014, le prix du baril de pétrole brut a chuté de plus de 50 % ! Cette baisse est principalement due à une demande faible suite au ralentissement de l’activité des pays de la zone euro, mais aussi des pays émergents comme la Chine, alors que l’offre est abondante.
Si le prix du baril dépassait allègrement les 110 dollars pendant l’été 2014, il était en dessous de 60 dollars le baril au début du mois de février 2015. Dans le même temps, les prix des carburants en France ont chuté, mais de seulement 17 % ! Le prix moyen du litre de gazole est actuellement de 1,12 euro, il s’établit à 1,28 euro en moyenne pour le sans plomb 95. En clair, nous l’avons tous constaté, les prix ont baissé à la pompe, mais pas autant que la baisse du prix du baril de pétrole. Comment expliquer ce phénomène ?

Sur un litre de gazole à la pompe, les taxes représentent 48,9 % du prix !

D’abord, les prix des carburants vendus dans les stations-service ne dépendent que pour un tiers de ceux du pétrole. Les taxes perçues par l’Etat et le taux de change entre le dollar et l’euro jouent un rôle très important sur le prix final à la pompe.
Pour un litre de gazole, la fiscalité représente 48,9 %, les coûts de raffinage comptent pour 6,5 %, le pétrole brut ne représentant lui même que 38 % du coût final. Il n’est donc pas étonnant que la baisse des prix du pétrole ne se répercute pas entièrement sur le prix à la pompe !
 

Les marges des distributeurs en hausse au détriment du consommateur ?

Selon la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie ), puissante association de défense des consommateurs, les distributeurs profiteraient de la baisse des prix pour se rémunérer davantage. Ils ne répercuteraient pas à la pompe les baisses successives enregistrées sur le prix du pétrole brut ! Selon les chiffres de l’Union Française des industries pétrolières, si la marge des distributeurs était en moyenne de 8,5 centimes par litre d’essence (SP 95) en juin 2014, elle a bondi à 12,4 centimes par litre juste avant les fêtes de Noel ! «C’est absolument anormal, s’insurge la CLCV, il faut protéger le consommateur de ces pratiques… ».
Dans d’autres secteurs, fortement dépendants du cours mondial du pétrole, les prix n’ont pas baissé non plus ! Comme les compagnies aériennes, l’industrie chimique, et notamment les fabricants de pneus qui utilisent des produits dérivés du pétrole… Il est vrai qu’il y a toujours un décalage entre la baisse du prix de la matière première et celle du produit final.

Voilà pourquoi, au bout du compte, le consommateur a parfois la sensation d’être le seul à ne pas entièrement profiter de la baisse des prix. D’autant que depuis le 1er janvier 2015, 2 taxes sur les carburants poussent les prix à la hausse : La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) a augmenté de 2 centimes sur le gazole et 2 autres centimes pour la taxe communément appelée « taxe carbone ». Ainsi, le litre de gazole a fait un bond de près de 5 centimes par litre, soit 3 euros en moyenne sur un plein !