Santé et Forme

Comment vaincre notre fatigue ?

10 mars 2014

Fatigue physique ou psychologique ? Pas toujours facile, dans nos vies survoltées, de faire la part des choses. Ce sentiment de lassitude et d'impuissance, qui nous envahit parfois, n'est pas seulement dû à un manque de sommeil, à des efforts physiques répétés, ou à un manque de repos, il peut aussi venir de l'inquiétude face à l'avenir.
comment-vaincre-notre-fatigue

« Je suis claqué, vidé, épuisé, lessivé, crevé. C’est parce que je cours tout le temps. C’est la faute de l’hiver qui n’en finit pas, du manque de lumière et de vacances, des temps de transport, de mon travail, de mes enfants... », se désole Cyril, infirmier de 40 ans qui habite Nancy. Qui n'a pas, un jour lancé ce cri de désespoir, le soir, en rentrant du travail ?

En 2013, une personne sur cinq s’est rendue chez le médecin pour cause de fatigue.

En principe, c'est une réaction normale à l’effort, un phénomène physiologique réversible avec le repos : si je suis fatigué, je dors; si je dors, je récupère. En réalité, ce n'est pas si simple. Car la fatigue n'est pas seulement physique, elle est aussi psychologique, elle peut aussi commencer dans nos têtes. Dans ce cas, on se réveille dans un état de lassitude extrême. On peut être épuisé physiquement mais ne pas pouvoir trouver le sommeil. Ce n’est pas tant une baisse d’énergie qu’une envie de rien. « Cette fatigue psychologique peut provenir de notre rythme de travail, des horaires décalés, d'une trop grande amplitude de travail sur une même journée. A l'hôpital, notre horloge biologique est souvent malmenée », raconte Sylvie, infirmière-anesthésiste dans les Bouches du Rhône. Sans oublier, parfois, la difficulté des « soignants » à gérer la souffrance du malade. Un manque de recul peut conduire au « burn-out ». Il se traduit par un épuisement émotionnel ou  une baisse d’énergie au travail.
La fatigue peut aussi provenir de l'environnement économique. En période de crise, on s'inquiète davantage. En période de crise, on s’inquiète davantage. On peut se faire du souci  pour sa famille, pour l'emploi de son conjoint, pour ses enfants, pour leur avenir... Souvent, faute de savoir dire que l’on va mal, on répète que l’on est « fatigué ». Au risque de susciter sarcasmes et agacement. Dans notre société de performance, la fatigue est souvent mal vue. On valorise ceux qui dorment cinq heures par nuit et semblent infatigables. La fatigue, maladie du siècle ? Pas sûr... car le phénomène n'est pas nouveau ! On appelait jadis « neurasthénie », sans plus l’expliquer, ce sentiment de lassitude et d’impuissance que nous avons tous ressenti un jour ou l'autre.

Heureusement, des gestes simples permettent de lutter efficacement contre cette fatigue qui nous envahit :

Protéger son dos

Contrairement à ce qu'on nous disait dans notre enfance (« Tiens toi droit ! »), la posture idéale n'est pas d'avoir le dos droit mais en « S ». « Imaginez que vous portez un livre sur la tête ou faites le vraiment », conseille le kinésithérapeute François Stévignon, auteur de « En finir avec le mal de dos » (ed. Kero) Et, pour éviter de trop faire souffrir les vertèbres lombaires, il faut systématiquement caler le bas du dos, que l'on soit assis ou couché. Contrairement aux idées reçues, l'immobilité aggrave le mal de dos. L'exercice, appliqué de manière progressive, étire les muscles et les articulations et évite que le dos ne se raidisse.

Préserver son sommeil

Lutter contre la fatigue psychologique

Selon Véronique Rousseau-Barasz, présidente de la Société française de sophrologie, « si les signes de tension intérieure peuvent être très divers, quelques séances de 45 minutes peuvent aider le patient à retrouver une forme de quiétude... » Et elle ajoute : «  La sophrologie d'adresse au corps avant tout, elle vise à restaurer le ressenti de solidité qui manque en situation de stress... » De son côté, le psychiatre Christophe André, qui reçoit ses patients à  l'hôpital Saint-Anne à Paris, propose de pratiquer régulièrement des exercices mentaux destinés à conserver un état de calme et à accueillir les émotions avec détachement. Aux soignants, bon nombre d'hôpitaux proposent des formations extérieures pour les accompagner et aider face à la souffrance des malades.

Savoir s'organiser 

Organisez-vous (surtout le week-end) et fabriquez vous un planning hebdomadaire alternant moment de repos et d'activité. Gardez de vrais moments de détente et de loisirs le week-end, pratiquez raisonnablement votre sport préféré, privilégiez la régularité à la sédentarité.

S'exposer au soleil

Selon les études, jusqu'à 20 % des Français souffriraient de novembre à mars d'une chute de moral et de gros coups de fatigue. Selon le docteur Damien Léger, du centre du sommeil de l'Hôtel-Dieu, cette fatigue serait due à une mauvaise synchronisation de l'horloge biologique liée à une baisse de lumière naturelle pendant l'hiver ! La solution ?  Pratiquer, par exemple, la photothérapie : le patient va être exposé pour une heure maximum à une lampe de forte intensité, équivalant d'une exposition d'une belle journée de printemps. L'effet se fait sentir après quelques semaines. Mais si on en a la possibilité, l'une des solutions pour évacuer la fatigue, c'est sûrement de pouvoir faire le vide absolu dans sa tête, de changer d'air et de partir en vacances...