Famille

Des idées pour aider les « aidants »

16 décembre 2013

En 2040, la France comptera 1,4 million de personnes âgées de plus de 90 ans. De plus en plus d'enfants, les « aidants » sont amenés à s'occuper quotidiennement de leurs parents en perte d'autonomie. Pas facile à concilier avec leur vie familiale et professionnelle. Des solutions existent pour les aider à « souffler ». 
idée pour aider les aidants

Selon le baromètre FHF / TNS SOFRES de mai 2013, 30 % des Français ont un membre de leur entourage en perte d'autonomie et parmi eux, 22 % aident personnellement (à s'habiller ou à se nourrir) la personne âgée concernée... Au total, plus de 4,3 millions de Français, les « aidants », s'occupent tous les jours de personnes de plus de 60 ans en perte d'autonomie, souvent leurs parents. Ils participent aux tâches ménagères, assurent l'hygiène et le confort de la personne « aidée », en préparant à manger, en réglant les factures, en veillant à ce qu'elle ne reste pas seule trop longtemps...

« On supprime le temps pour soi... »

Gaëlle et Eric font partie de cette catégorie d'aidants très présents. Gaëlle, 41 ans, est cadre administratif dans un hôpital de l'agglomération lyonnaise. Elle est mariée, maman de deux adolescents. Son père Serge, 81 ans, est veuf et vit seul dans une ferme à 30 km de Lyon. L'hiver dernier, il s'est fracturé la hanche, un matin de verglas. Sale chute et mauvaise blessure. Il ne marche plus et souffre terriblement. Gaëlle a pris l'habitude de venir chez lui tous les jours depuis 7 mois... Elle a dû aménager son emploi du temps : « On supprime le temps pour soi et avec les enfants, et puis les loisirs, le cinéma, les dîners avec les copains... Depuis qu’il a été hospitalisé chez lui, à la maison, je ne sors pas le week-end, je ne sors pas la semaine, je reste avec lui... ».
Certains s'investissent parfois au point de se mettre eux-mêmes en danger. L'épuisement n'est pas loin. C'est le cas d'Eric, 52 ans, ambulancier à Annemasse. Il a fait le choix d'héberger son père chez lui. Un père de 99 ans qui a perdu de son énergie physique : « Mon père n'a plus la force de marcher, ses jambes ne le portent plus... Parfois même il déprime et me dit qu'il voudrait partir pour toujours... J'ai quelqu'un pour m'aider en semaine, mais le week-end, je suis seul avec ma femme et mes enfants... Ça veut dire, depuis qu'il est avec nous, pas de vacances, pas de week-end... » Mais contrairement aux idées reçues, les aidants aussi peuvent être aidés...

Baluchonnage et Café des Aidants

Des solutions existent pour les soulager. C'est important : pour les aidants, l'existence de « temps pour soi » permet de se reposer et de souffler.
Le « baluchonnage », inventé au Québec, est une expérience mise en place par les pouvoirs publics, où un aide-soignant vient remplacer l'aidant pour 2 ou 4 jours, le temps d'un week-end par exemple, pour lui permettre de « respirer et de se changer les idées »... Eric fait appel à ce service depuis plusieurs mois déjà... La première fois, il était inquiet : « Je n'ai pas pu m'empêcher de téléphoner à mon père plusieurs fois pendant le week-end pour savoir si tout allait bien, j'ai même failli rentrer plus tôt ! » Aujourd'hui, il part l'esprit tranquille et revient toujours reposé.

Autre solution : les Cafés des Aidants, créés partout en France, par l'Association Française des Aidants. Ce sont des lieux conviviaux où les aidants peuvent se retrouver et échanger autour d'une psychologue et des professionnels du secteur social, sur des thèmes choisis à l'avance : « peut-on interdire ou cacher des choses à ses proches ? », « comment s'adapter à l'évolution de la personne accompagnée ? »... Gaëlle a testé un Café des aidants à Lyon et elle ne regrette rien : « Dans ces Cafés des Aidants, on vit des moments de grande convivialité... Paradoxalement on rit beaucoup au cours de ces échanges. J'en suis repartie soulagée d'avoir rencontré des hommes et des femmes qui vivent la même chose que moi... »