Santé et Forme

Faut-il allonger la durée de validité des certificats médicaux pour le sport ?

27 novembre 2014

Bientôt la fin des certificats médicaux obligatoires d'un an ? Les pouvoirs publics veulent revenir sur cette mesure qui serait vécue comme une contrainte par les Français et qui freinerait la pratique du sport. Les Fédérations sportives applaudissent, mais certains médecins tirent la sonnette d'alarme et estiment qu'une visite médicale régulière tous les ans permet de déceler les anomalies plus facilement. Le débat est ouvert... 
allonger la durée des certificats médicaux pour le sport ?

34 millions de Français pratiquent une activité physique et sportive. Mais pour tous ceux qui veulent s'inscrire dans un club, renouveler une licence, s'inscrire à une compétition ou même à une colonie de vacances, il faut pouvoir produire le fameux certificat médical datant de moins d'un an ! Cette mesure a été instaurée en 1999 par la loi Buffet. Pour certains, obtenir le fameux « certificat médical d'aptitude à la pratique sportive » relève du parcours du combattant. A chaque rentrée, c'est la même cohue dans les cabinets médicaux. Pour les enfants comme pour les parents !

Du coup, fin 2013, l'ancienne ministre des sports Valérie Fourneyron, avait proposé de porter la validité de ces certificats médicaux à deux ans pour les enfants et à cinq ans pour les adultes de moins de 40 ans qui ne présentent pas de problème de santé. Malgré les remaniements, le projet et toujours d'actualité. L'objectif est de « désengorger » les cabinets médicaux. Et éviter aussi que certains sportifs ne renoncent à une inscription dans leur club préféré à cause des contraintes imposées par la loi avec ce fameux certificat annuel si difficile à obtenir en début d'année ! « Le certificat obligatoire d'un an pénaliserait le sportif et son équipe »

Thierry Neyret, président d'un club de tennis dans l'Aube, soutient cette initiative. Pour lui, pas de doute, « devoir présenter un certificat médical de moins d'un an est trop contraignant. On n'y pense pas toujours. Et si on oublie on ne peut pas participer à une compétition. Je connais des joueurs qui ont dû déclarer forfait à cause de cette règle. Cela peut pénaliser un sportif mais aussi son équipe. Allonger la durée de validité du certificat, c'est faciliter l'accès au sport pour tous... », dit-il encore. Thierry Neyret propose même des visites moins régulières mais plus complètes. «Certains praticiens délivrent le certificat sans avoir effectué un examen complet de leur patient. S'y rendre moins souvent pourrait ainsi permettre de faire une visite plus poussée...» Si de nombreux dirigeants de clubs adoptent cette position et soutiennent les pouvoirs publics, ils restent favorables à une visite médicale annuelle obligatoire pour les personnes à risque...

800 000 accidents liés au sport chaque année

A l'inverse, les médecins généralistes s'opposent à toute modification de la loi Buffet. Ils rappellent le nombre d'accidents liés au sport : 800 000 en 2010 (dernières statistiques connues) selon le Ministère des Sports et l'Institut de veille sanitaire. Pour Chrystelle Martin, médecin généraliste dans la Haute Vienne, une visite tous les cinq ans, c'est trop peu : « certaines personnes ne nous consultent pas en dehors des examens obligatoires pour faire du sport car elles se croient en bonne santé. Parfois quand on les revoit, elles sont par exemple en surpoids ou elles ont de la tension artérielle. Voilà pourquoi il est très important de maintenir des visites médicales régulières... »

Pour de nombreux médecins comme Chrystelle, allonger la durée de validité des certificats médicaux, c'est prendre le risque de passer à côté de certains diagnostics et de certaines anomalies... En réalité, si les pouvoirs publics souhaitent effectivement faciliter l'accès au sport en abaissant la durée de validité des certificats, le but, bien entendu, est aussi de permettre à la Sécurité Sociale de faire des économies. Si les examens sont moins fréquents, les dépenses diminueront, même si les pouvoirs publics prévoient un examen médical plus poussé de 30 minutes, avec un électrocardiogramme obligatoire.