On parle des hospitaliers

Infirmière, aide-soignante, de mère en fille : les raisons de la transmission

24 décembre 2015
Il arrive très souvent qu’infirmières ou aides-soignantes choisissent leur métier parce qu’elles ont vécu, depuis toujours, dans des familles de soignants. C’est leur univers, elles s’y trouvent bien et cherchent à y rester !
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Le modèle familial influence largement, parfois inconsciemment, le choix de devenir infirmier, infirmière ou aide-soignant. « J’ai toujours baigné dans ce milieu, mon père était médecin urgentiste et ma mère diététicienne, explique Linda, infirmière dans le Var, et je n’imaginais pas faire autre chose que de travailler dans ce milieu ! C’était naturel pour moi ! »
D’ailleurs, quand ils se présentent aux concours pour devenir infirmiers, les élèves ne s’en cachent pas. Ils le disent eux-mêmes, leur choix d'études n'est pas le fruit du hasard : « J'ai une cousine qui est infirmière, une autre médecin, et un cousin aide-soignant », énumère Ludivine, 26 ans, en 2ème année de formation. Une situation que les jurys des écoles spécialisées connaissent bien : « Si nous recevons un candidat issu d'une longue tradition familiale de soignants », précise Valérie Formaux, formatrice en IFSI, « il est cuisiné (gentiment !) pour savoir si son projet est le sien ou celui de papa ou maman ». En réalité, le projet est rarement celui des parents. Il correspond souvent à une vraie volonté de l’étudiant-infirmier de s’épanouir dans ce métier. Reste à savoir s’il a pu être influencé ou pas. Le choix d'une profession, quelque soit l'âge auquel il se fait, n'est jamais dû au hasard. Quand on est enfant ou jeune adolescent, on s’identifie très souvent au métier de ses parents. On veut faire « comme papa » ou « comme maman ». En particulier si les parents exercent un métier où ils peuvent apparaître comme des « super héros » ! C’est vrai pour les policiers ou les pompiers, héros de films… C’est vrai aussi pour les infirmières qu’on imagine parfois sorties de la série TV « Grey’s anatomy » !

«Même auprès des adultes, nous passons parfois pour des super héros… »

«Même auprès des adultes, nous passons parfois pour des super héros : les patients nous remercient de leur avoir « sauvé la vie », ils nous sont très reconnaissants et c’est ce qui contribue à donner une belle image au métier d’infirmière ou de soignant… » confie Nancy, infirmière aux urgences d’un hôpital de la région Aquitaine. Alors pourquoi certains parents, eux-mêmes soignants, sont-ils réticents à l’idée que leurs enfants deviennent eux-mêmes soignants ? « Parce qu’ils en connaissent les contraintes pour la vie de famille », explique Julie, jeune infirmière dans le Languedoc, « notamment les horaires décalés, le travail de nuit, les gardes les jours fériés… » Anne-Marie, sa mère, infirmière bientôt à la retraite, confirme ce que dit sa fille : « J’ai parfois envie de souffler, de m'échapper, je me dis que je voudrais « regarder pousser les fleurs », couper les roses de mon jardin… C'est une parole. Cela veut dire faire quelque chose de léger, car être infirmière ou aide-soignante c’est une responsabilité écrasante, c’est quand même la vie des gens qui est en jeu… » Mais aussitôt, Anne-Marie tempère et son œil pétille : « c’est aussi un métier passionnant, enrichissant qui apporte tellement de satisfactions… Quand je rentre chez moi le soir, et que « l’après » du patient est mieux que « l’avant », je me dis que je n’ai pas perdu ma journée, que j’ai été utile… C’est un métier où vous donnez aux autres, c’est un don de soi de chaque instant… Je me dis finalement qu’au bout de tant d'années, mon métier, je suis contente de le faire... » Au fond d’elle-même, c’est certain, Anne-Marie n’est sûrement pas mécontente que Julie prenne le relais !