Progrès médicaux

L’ostéopathie entre à l’hôpital public !

25 juillet 2014
Pour la première fois, les ostéopathes peuvent exercer au sein d’un hôpital public de la région parisienne. Ils sont entièrement intégrés dans un service hospitalier, et seules leurs tenues violettes les distinguent des autres blouses blanches ! L'initiative plaît aux patients mais l'image des ostéopathes reste controversée. Pour y remédier, une réforme de la formation est attendue pour la rentrée 2015.
L'ostéopathie entre à l'hôpital public
Depuis le début du mois de mai 2014, le centre hospitalier intercommunal de Villeneuve Saint-Georges, en région parisienne, accueille des ostéopathes entièrement intégrés au service hospitalier.
« Nous avons été bien intégrés, souligne Eric, l'un de ces jeunes ostéopathes, c'est comme si un nouveau service avait été créé à l'hôpital... » En fait, les ostéopathes exercent ici en collaboration avec les médecins de l'hôpital et leur discipline est clairement identifiée dans l'enceinte du service des consultations. « Enfin, on existe !! Et nous sommes reconnus comme une discipline à part entière...», s'exclame Léa, élève en école d'ostéopathie. A Villeneuve Saint Georges, les patients sont adressés par plusieurs services de l'hôpital : maternité, pédiatrie, urgences ou orthopédie... Dans ce cas, la consultation est intégrée au forfait hospitalier, les patients n'ont rien à débourser en plus. Ils peuvent aussi venir de l'extérieur et paient la consultation 20 euros contre 60 euros en moyenne dans un cabinet privé. «La volonté de l'hôpital était de rendre abordable financièrement cette prise en charge pour notre bassin de population » explique Caroline Penou, cadre de santé, responsable des consultations. « C'est vraiment une bonne idée », souligne Marie-Thérèse, commerçante à la retraite. Et elle ajoute : « depuis plusieurs années, j'ai mal à l'épaule à cause d'une chute à scooter, et les ostéopathes que j'ai consultés m'ont toujours soulagée sans médicament, juste grâce à des manipulations... Mais avec ma petite retraite, ça finissait par me coûter cher... A l'hôpital, je vais pouvoir y retourner ! »

L'ostéopathie : une image controversée

Bien que la profession soit reconnue par le ministère de la santé depuis 2002, l'ostéopathie à l'hôpital reste encore une exception. Car même si un Français sur cinq consulte un ostéopathe, un grand nombre de médecins estime, aujourd’hui encore, qu'elle n'a pas de valeur scientifique. De nombreux charlatans et autres champions des « échanges de flux », de « vibrations » ou « d'énergie » ont contribué à brouiller l'image de l'ostéopathie. L'ostéopathie mise en place à l'hôpital de Villeneuve Saint Georges est l'ostéopathie biomécanicienne. Fondée sur des manipulations osseuses ou musculaires, « l'ostéopathie vise à la découverte, à la prévention et à la correction de troubles fonctionnels », détaille Michel Sala, président de l'Association française d'ostéopathie. « Elle agit sur les douleurs dont on ne connait pas la cause : douleurs vertébrales, costales et articulaires, tendinites, traumatismes musculaires, maux de tête, céphalées ou vertiges... C'est une pratique exclusivement manuelle qui agit sur les principaux organes du corps humain en utilisant des techniques de pression, d'élongation ou de torsion... » Rien à voir donc, avec une pratique ésotérique ! « L'ostéopathie n'est pas une philosophie mais une pratique soumise à la science. Nous réalisons des actes qui sont reconnus efficaces et adaptés au monde de la santé. Ce n'est pas de l'ésotérisme... » se justifie Xavier Blusseau, directeur de l'école d'ostéopathie, partenaire de l'hôpital de Villeneuve. La confusion des genres vient aussi du fait qu'il existe trop d'écoles, plus de 70 en France, dont la qualité des enseignements n'est pas encore garantie. Les pouvoirs publics ont engagé une réforme de la formation et du dispositif d'agrément des écoles. A la rentrée 2015, on aura une photographie claire des écoles dites « sérieuses ». En attendant, le ministère de la santé reste prudent et précise que « les ostéopathes qui travaillent dans les hôpitaux sont et resteront des contractuels, pas des titulaires... »