Santé et Forme

Les Françaises se voient plus grosses qu’elles ne sont !

24 avril 2014

Quelle image avons nous de nous-mêmes ? Les Françaises se voient trop " rondes " et s'obligent, du coup, à faire de nombreux régimes inutiles. C'est le principal enseignement d'une étude comparative publiée fin 2013 par l'INED et menée à l'échelle européenne dans 13 pays. Autre résultat marquant : la pression est plus importante sur le corps de la femme. De façon très injuste, on tolère davantage la "bedaine " chez l'homme que " les hanches fortes " chez la femme !
les françaises se voient plus grosses qu'elles ne sont

L'Institut National d'Etudes Démographiques (INED) vient de réaliser une étude qui compare la corpulence de 20 000 hommes et femmes vivant dans 13 pays sur 4 continents, et surprise : dans ce palmarès, les Françaises apparaissent  en 2ème position dans le classement des femmes les plus minces, juste devancées par les Coréennes du Sud ! C'est le résultat le plus inattendu de cette étude.

En moyenne, l'indice de masse corporelle (IMC, c'est le poids divisé par la taille au carré en mètre) des femmes françaises est de 23,6 (25,4 chez les hommes). Dans le classement établi par l'INED, l'IMC moyen des femmes  mexicaines atteint 25,4, celui des russes est de 25,7, celui des habitantes de Nouvelle-Zélande bondit à 26,2 ! Conclusion : même si les Françaises ne peuvent s'empêcher de se trouver des kilos en trop chaque fois qu'elles font face à un miroir, elles sont souvent plus minces qu'ailleurs ! Ce qu'il faut changer, c'est donc la représentation que nous avons tous dans nos têtes. Ne pas céder à la tyrannie des régimes. 6 Françaises sur 10 déclarent vouloir maigrir. C'est évidemment excessif. « La majorité de femmes qui consultent pour un problème de poids n'ont en réalité pas plus de 8 kg à perdre », estime le nutritionniste Jean-Michel Cohen, « donc beaucoup moins qu'elles ne l'imaginent... ».

On tolère davantage de bedaine chez Monsieur que chez Madame !

Deuxième constat : c'est en France que l'écart de poids observé entre les hommes et les femmes est le plus important  : les Français sont donc plus " ronds " que les Françaises, mais eux ne semblent pas s'en plaindre...
L'INED avance quelques explications et met en cause la pression sociale subie par les femmes : « Les normes corporelles sont très différentes entre les sexes. Le corps de la femme est lié à la notion de beauté, synonyme de minceur, tandis que chez l'homme, c'est l'idée de force, de puissance qui prime. Ce qui peut se traduire par un surpoids... », explique Thibaut de Saint Pol, sociologue  et auteur de l'étude. En clair, on tolère davantage de bedaine chez Monsieur que chez Madame. Selon l'INED, pour 62 % des Français, l'homme idéal est " corpulent ", alors qu'ils sont 52 % à penser que la femme idéale est
" mince ".
Ce qui est totalement injuste : « Les représentations restent très inégalitaires », continue Thibaut de Saint Pol, « le corps est essentiel dans l'interaction sociale et l'apparence agréable est un réel atout. La minceur agit comme un diplôme supplémentaire sur un CV. Les minces ont plus de facilité à entrer sur le marché du travail, elles sont mieux payées que les " rondes " et ont moins de probabilité de se retrouver au chômage... ». Hélas, ces propos qui peuvent indigner reposent sur des données statistiques implacables.

Une différenciation hommes/femmes très culturelle

Cette différenciation hommes / femmes n'existe pas forcément partout. En Corée du Sud, pays où l'IMC des femmes (21,8), comme celui des hommes (23,3), est le plus bas de toute l'étude réalisée par l'INED, on ne fait pas de différence entre les hommes et les femmes. Tout le monde a le devoir d'être mince ! 70 % des Coréens du Sud pensent que la femme idéale est mince et ils sont 69 % à penser que l'homme idéal aussi est mince. « En Asie, le contrôle du corps est très important, ce modèle culturel est lié à la religion », explique l'anthropobiologiste Gilles Boetsch. Les deux sexes subissent malgré eux le diktat de la minceur. C'est exactement l'inverse chez les irlandais et les irlandaises qui ne sont pas sexistes et se préfèrent mutuellement corpulents à 56 et 54 %. Question de culture sans doute, et de goût aussi...