Santé et Forme

Médecins généralistes  : les « consultations longues » plus chères depuis le 1er novembre 2017

16 novembre 2017

Dans certains cas, délicats ou complexes, les médecins généralistes doivent passer plus de temps avec leurs patients que pour constater une simple angine. Cette situation est désormais officiellement reconnue par le nouveau barème des consultations, en vigueur depuis le 1er novembre 2017. Si les honoraires de base restent fixés à 25 euros, la nouvelle grille permet désormais aux généralistes de facturer 46 euros pour les consultations « complexes » (diabète gestationnel, scoliose grave, sclérose en plaques, Parkinson, épilepsie…) et 60 euros pour les consultations « très complexes » (cancer, VIH, maladie neuro-végétative…).
Consultations longues plus cheres chez le généraliste novembre 2017
Le taux de remboursement  de la Sécurité Sociale reste identique : elle prend toujours en charge 70% de la consultation.

Depuis le 1er novembre 2017, de nouveaux tarifs de consultation des généralistes ont fait leur apparition sur les murs des salles d’attente des généralistes.

Ainsi, en plus de la consultation classique d'un généraliste à 25 euros, il existe désormais des consultations dites "complexes" à 46 euros et "très complexes" à 60 euros. Cette nouvelle mesure tient compte du fait que certaines consultations nécessitent de passer plus de temps avec les patients.

Avant le 1er novembre, pour les consultations « approfondies », votre médecin généraliste avait la possibilité soit de vous envoyer vers un spécialiste, généralement beaucoup plus coûteux pour la Sécurité Sociale, soit de réaliser la consultation en maintenant un tarif de 25 euros mais il perdait de l'argent, soit d’appliquer un dépassement d'honoraires.

Désormais il va pouvoir passer plus de temps avec les patients qui le nécessitent et le tarif est officiellement prévu et encadré.

Les consultations « complexes » à 46 euros

Les consultations "complexes" à 46 euros concernent par exemple les visites « pour les enfants de 3 à 12 ans présentant un risque avéré d'obésité, ou celles des nourrissons dans leurs 28 premiers jours. »

La nouvelle grille range aussi, parmi les consultations complexes, « une première consultation de contraception et de prévention des maladies sexuellement transmissibles » pour les jeunes filles de 15 à 18 ans, car elle nécessite de longues explications ou mises en garde.

Ces consultations "complexes" pourront également être majorées de 16 euros, et ainsi atteindre 62 euros, dans certains cas comme de l'asthme, la prise en charge d'un couple stérile ou une pathologie oculaire grave.

Les consultations très complexes à 60 euros

Les consultations "très complexes" à 60 euros  concernent notamment les malformations congénitales ou encore les maladies graves du fœtus, ou l'annonce d'un cancer ou d’une contamination par le VIH. Ces consultations exigent du tact et doivent permettre au médecin de prendre tout le temps nécessaire pour ne pas brusquer le patient ou ses proches.

« Bien expliquer un traitement à un patient peut être déterminant dans sa réussite », explique Nicolas Revel, directeur général de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM).

Les visites longues à domicile à 70 euros

Les visites longues à domicile passeront à 70 euros (60 euros pour la consultation et 10 euros pour le déplacement) pour les patients atteints de maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques), dans la limite de trois par an et par patient. Elles étaient jusqu'alors limitées à une par an.

Rien de plus à débourser pour le patient

Le patient n’aura rien à payer en plus. S’il souffre d’une affection de longue durée ou s’il bénéficie de la CMU, il bénéficiera du tiers payant, sera pris en charge à 100 % et n’avancera aucun frais. Les autres patients seront normalement pris en charge à 70 % par la Sécurité Sociale, et à 30 % par leur mutuelle.

Seul bémol : à terme, cela pourrait éventuellement gonfler le coût de la mutuelle, puisqu'elle devra rembourser plus, mais globalement ce changement de tarif sera donc indolore pour le patient. Pour la Sécurité Sociale, le coût annuel est évalué à 37 millions d’euros.