Droits et Démarches

Mutuelle santé pour les seniors : comment bien se protéger ?

3 septembre 2015
Quand on part à la retraite, les dépenses de santé augmentent, mais le pouvoir d'achat diminue. Le choix de votre complémentaire santé est essentiel. Il faut savoir arbitrer pour être couvert sur l'essentiel, tout en préservant son budget. Choisir le meilleur contrat de mutuelle en fonction de votre âge, de vos besoins médicaux et de vos capacités financières. Pour les plus modestes, les pouvoirs publics ont prévu des aides auxquelles vous avez peut-être droit…
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Les besoins médicaux évoluent au fil de la vie. Et malheureusement, les problèmes de santé peuvent être plus nombreux après 60 ans. Pour bénéficier d'une bonne prise en charge des frais médicaux, mieux vaut souscrire une « mutuelle santé senior », c’est à dire une mutuelle qui prend en compte les besoins spécifiques des séniors !
Ces contrats ne proposent plus certaines garanties devenues inutiles (pédiatrie ou maternité), mais d’autres secteurs plus ciblés sont mieux pris en compte et, en théorie, mieux couverts : l’hospitalisation, l’optique, les prothèses auditives, ou les cures thermales. Mais attention : ces contrats ont un inconvénient de taille. Ils sont souvent assortis de cotisations très chères. D’après une étude de l'UFC-Que Choisir, les mutuelles sénior coûtaient, en 2011, 94 euros en moyenne par mois et par assuré, soit un poids budgétaire 2,5 fois plus élevé que pour l'ensemble de la population, avec une part de 5,8% des revenus, contre 2,2% des revenus du reste des Français. Et si l'Assurance Maladie continue à se désengager comme elle l’a prévu, dans les prochaines années, ces cotisations pourraient encore croître de 6,7 à 8,2% par an, d'ici à 2020. Voilà pourquoi il faut comparer les offres proposées ! Par exemple, pour une cure thermale prescrite médicalement, vous ne serez remboursé que partiellement par la Sécurité sociale : les consultations médicales et actes médicaux nécessaires à votre cure seront remboursés à 70% du tarif conventionné (fixé par la Sécurité Sociale), et la cure thermale elle-même ne sera remboursée qu’à 65% du tarif conventionné. Les autres frais (voyage, hébergement), ne seront que très peu pris en charge… A vous de choisir une complémentaire santé sénior qui propose un remboursement total de vos frais de voyage ou d'hébergement selon un forfait établi au contrat.

Remboursement des prothèses dentaires et auditives

Autre secteur important : les prothèses dentaires et auditives… Le coût peut être particulièrement élevé car peu remboursé par la Sécurité Sociale. Une complémentaire santé bien choisie vous permettra de vous équiper, sans vous ruiner. Selon les contrats, certaines mutuelles « sénior » proposent aussi le remboursement forfaitaire à un club sportif, le remboursement de petit matériel assurant votre confort visuel (loupes, agrandisseurs…), une participation pour la prise en charge d'une aide ménagère, ou même des réductions sur un service de téléassistance à domicile. Un dernier conseil : il est préférable de souscrire une mutuelle senior au plus tôt, avant votre départ en retraite, pour bénéficier de tarifs plus attractifs. Vous pourrez davantage négocier avec la mutuelle.

Des solutions pour aider les « petites retraites » à souscrire une complémentaire santé sénior

Pour souscrire un contrat avec une complémentaire santé pour les séniors, encore faut-il en avoir les moyens. Et pour ceux qui ont de très petites retraites, les pouvoirs publics ont prévu des solutions de remplacement.

La CMU-C

La Couverture Maladie Universelle Complémentaire, ou CMU-C, est destinée aux personnes ayant de faibles ressources. C’est une protection complémentaire gratuite et renouvelable. Les soins des bénéficiaires sont pris en charge à 100 % sans avance de frais, y compris pour la part non remboursée par la Sécurité sociale. Au 1er juillet 2015, pour bénéficier de la CMU-C, il faut, si on est une personne seule, disposer de moins de 720 euros par mois (1081 euros si on est deux, 1513 euros si on est 3…) Attention : Il ne faut pas confondre la CMU-C avec la couverture maladie universelle (CMU). Cette dernière s’adresse aux personnes qui ne sont pas couvertes par un régime obligatoire de sécurité sociale, quels que soient leurs revenus. Renseignez vous sur : http://www.cmu.fr/.

L’ACS

Pour les personnes dont les ressources sont faibles mais supérieures aux revenus permettant de bénéficier de la CMU-C, il existe une autre aide récemment réformée par les pouvoirs publics : l’ACS ou Aide à la Complémentaire Santé. C’est une aide financière au règlement de vos cotisations. Cette aide se présente sous la forme d’un chèque qu’il suffit de présenter à la complémentaire santé de votre choix. Pour en bénéficier, il ne faut pas avoir plus de 973 euros de revenus mensuels pour une personne seule (1459 euros pour deux, 1750 euros pour trois). Le montant annuel du « chèque santé » est de 550 euros pour les personnes de plus de 60 ans. Lors de vos visites chez le médecin, l’ACS vous permet également de bénéficier d'une dispense totale d'avance des frais.

Pour vous renseigner, rendez-vous sur le site : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F13375.xhtml

Les pouvoirs publics ont annoncé pour juin 2016 le renouvellement automatique du droit à l'ACS pour les bénéficiaires du minimum vieillesse (Aspa) : ils n’auront plus à faire une demande chaque année. Afin de réduire le montant restant à votre à charge sur le prix du contrat, des aides supplémentaires peuvent être accordées par les caisses d’assurance maladie. N’hésitez pas à les consulter !

Bientôt des complémentaires santé obligatoires pour les salariés qui partent à la retraite ?

On sait que pour les salariés, à partir du 1er janvier 2016, les mutuelles complémentaires d’entreprise seront obligatoires. Tous les salariés d’une même entreprise seront couverts par un contrat unique. Les fonctionnaires et donc les agents hospitaliers ne sont pas concernés par cette réforme. En juin dernier, le Président de la République s’est prononcé pour la généralisation des complémentaires santé obligatoires, cette fois pour les retraités, d’ici à 2017. Le but : apporter aux retraités « les mêmes garanties que celles dont ils bénéficiaient en activité et ce au même tarif ». Il a proposé deux pistes pour y arriver. La première : faire en sorte que les retraités continuent à profiter du même contrat collectif d'entreprise que lorsqu'ils étaient salariés. Actuellement, les retraités conservent durant un an seulement les mêmes garanties. Ce système, rappelons-le encore, ne concerne pas les agents hospitaliers. Deuxième piste : revoir les aides fiscales aux complémentaires santé et alléger les charges sur les contrats destinés aux retraités. Ce qui pourrait avoir pour effet de faire baisser le coût des cotisations. Quelle que soit la solution retenue (les deux pourrait être possibles), ce seraient les salariés qui financeront l'extension de la complémentaire santé des retraités.