Agir pour sa retraite

Réforme des retraites 2013 : quels changements pour les hospitaliers ?

30 décembre 2013

Depuis 2003, deux réformes des retraites tentent de sauver notre système de retraites par répartition. Une nouvelle réforme a été adoptée le 18 décembre 2013. Quelles en sont les principales dispositions ? Quelles sont ses conséquences pour les hospitaliers ? 
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Depuis 10 ans, les réformes des retraites successives reposent toutes sur le même principe : il faudra travailler plus longtemps et cotiser davantage. La réforme de 2003 a été la première à prévoir le principe d'une augmentation du nombre de trimestres cotisés pour percevoir une retraite à taux plein. De 150 trimestres (37,5 ans) requis en 2003, on est passé à 165 trimestres (42,25 ans) en 2013. Soit presque 5 ans de plus.


La même réforme a instauré une décote sur le montant de la pension si le nombre de trimestres requis au moment du départ à la retraite cotisés n'est pas atteint. En clair : si, à l'âge de l'ouverture de vos droits, vous n'avez pas cotisé pendant le nombre de trimestres requis, vous pouvez quand même partir en retraite, mais, en tant qu’hospitalier du secteur public, vous ne bénéficierez pas du taux plein de 75 % du traitement des 6 derniers mois : votre pension sera donc minorée de manière définitive, c'est la décote.
La réforme de 2010 a repoussé l'âge légal de départ à la retraite. Pour les hospitaliers de la catégorie active (nés en 1956 et après), l'âge d'ouverture des droits est porté progressivement de 55 à 57 ans (en 2017). Pour les hospitaliers de la catégorie sédentaire (nés en 1951 et après), l'âge d'ouverture des droits est porté progressivement de 60 à 62 ans (en 2017).

De plus en plus difficile d'atteindre le nombre de trimestres requis 

La réforme de 2013 touche en priorité les jeunes générations, celles des moins de 40 ans : pour eux, la durée de cotisation est de nouveau allongée à partir de 2020, pour atteindre 43 ans en 2035. La génération née en 1973 et les suivantes doivent cotiser pendant cette durée pour pouvoir prétendre à une retraite à taux plein. Là encore, une décote définitive est à prévoir pour ceux qui ne cotiseront pas le nombre de trimestres requis. Ce dernier devient de plus en plus difficile à atteindre avec son allongement régulier.

La retraite et les femmes ?

La réforme de 2013 favorise les femmes en tenant mieux compte des périodes d'interruption liées aux grossesses et certains temps partiels, pour tenter de réduire les inégalités avec les hommes.

Contribution des retraités 

Les retraités sont mis, eux aussi à contribution. Les retraités, parents d'au moins trois enfants, vont perdre l'avantage fiscal qui leur était conféré. Le pouvoir d'achat des retraités va donc baisser, y compris pour les retraités actuels.

Les mesures sur la pénibilité pour le secteur privé 

Les mesures sur la pénibilité au travail, qui prévoient un système d'attribution de points pour compenser la pénibilité de certains métiers (travail de nuit, charges soulevées très lourdes...) sont réservées au secteur privé. Les hospitaliers ne sont donc pas concernés. Les infirmières qui sont amenées à soulever des malades qui ne peuvent se mouvoir seuls, ou les agents hospitaliers qui travaillent par exemple en blanchisserie ne pourront se prévaloir de points de pénibilité.
Toutes ces mesures démontrent qu’il est important pour les hospitaliers de préparer individuellement leur retraite. Et, c’est encore plus nécessaire compte tenu du calcul de leur retraite de base : les primes n’étant quasiment pas prises en compte, la chute de revenu à la retraite atteint en moyenne 40 %.