Progrès médicaux

Au CHU de Grenoble, la grippe est désormais diagnostiquée en 20 minutes !

24 janvier 2019
L’an dernier, l’épidémie de grippe a occasionné plus de 75 000 passages aux urgences sur l’ensemble du pays. Or, l’attente, avant la prise en charge, augmente les risques de contaminations entre les patients. Voilà pourquoi le CHU de Grenoble-Alpes a mis en place un dispositif innovant pour diagnostiquer rapidement la grippe cet hiver : le « Cobas Liat ». Ce petit laboratoire ambulant, utilisable par les infirmiers à l’accueil, permet d’obtenir le diagnostic de la grippe en 20 minutes ! Il suffit d’effectuer un prélèvement nasopharyngé de cellules et de sécrétions et le résultat s’inscrit sur l’écran de l’appareil.
diagnostic de la grippe en 20 minutes

 

L'épidémie de grippe est arrivée tardivement cet hiver en France. Un retard lié notamment à une météo clémente. Mais depuis la mi-janvier, elle progresse à grande vitesse ! Et comme chaque année, dans tous les hôpitaux, le pic épidémique de la grippe a les mêmes conséquences : engorgement du service, surexposition de patients fragiles (enfants et seniors), contagion accélérée… Au CHU Grenoble-Alpes, le service des urgences compte jusqu’à 30 % d’entrées supplémentaires durant cette période (150/160 entrées en période hors grippe contre 200/210 en période de grippe). Et bien entendu, l’affluence massive aux urgences augmente les risques de transmission virale au sein même de l’hôpital.

 

Comment éviter la transmission du virus entre les patients à l’hôpital ?

Comment inverser cette tendance ? C’est justement la question que s’est posée le CHU Grenoble-Alpes. Réponse apportée par le CHU : en réduisant le temps de présence des patients aux urgences et en évitant qu’il ne se contaminent entre eux par une attente prolongée. Et pour cela, le CHU utilise désormais un mini laboratoire ambulant, baptisé «Cobas Liat», qui permet de diagnostiquer une grippe en 20 minutes ! Dès l'accueil, un infirmier peut désormais décider de tester un patient, grâce à un prélèvement nasopharyngé de cellules et de sécrétions, analysé par cet appareil. 20 minutes plus tard le résultat s’affiche sur son écran.

Les infirmières et infirmiers de l’accueil des urgences ont été formés à l’utilisation très simple de l’automate.

L’appareil a d’abord été testé pendant 11 jours en phase pilote en janvier 2018 par le CHU de Grenoble. L’évaluation du dispositif a été réalisée sur 200 patients. Conclusion : facilité de mise en place, fiabilité du dispositif ainsi que l’impact des diagnostics sur la prise en charge des patients. L’installation du dispositif à l’accueil des urgences a fait l’unanimité. Les infirmières et infirmiers de l’accueil des urgences ont été formés à l’utilisation très simple de l’automate. 40 % des tests ont été réalisés durant les gardes de nuit et du week-end, périodes pendant lesquelles les infirmières étaient seules pour utiliser l’appareil. Face à ce succès, le choix a été fait d’utiliser l’appareil à grande échelle pour l’hiver 2018/2019.

Le centre hospitalier prévoit cette année entre 1.000 et 2.000 utilisations du dispositif. Déjà le médecin urgentiste Maxime Maignan fait un premier bilan : selon lui, l’appareil permet de « réduire d’une heure la durée moyenne d’un passage aux urgences et de diminuer le nombre d’examens… » Et il ajoute : « La gravité de l’état du patient est évaluée plus rapidement, le traitement plus vite adapté, fluidifiant la prise en charge . Avec un diagnostic classique de la grippe qui prend trois ou quatre heures, le patient a le temps de contaminer tout le monde ».

Pour le CHU de Grenoble, le surcoût par machine est évalué à 50 000 euros, mais ce laboratoire ambulant devrait aussi permettre une économie d'environ 100 euros par patient.