Progrès médicaux

Cannabis thérapeutique : l’Assemblée Nationale donne son feu vert pour une expérimentation

19 décembre 2019
Il y a quelques semaines, l’Assemblée nationale s’est prononcée pour une expérimentation de l’usage du cannabis médical sur 3 000 patients en France. Objectif : vérifier l’impact des dérivés du cannabis sur certaines pathologies (épilepsie, douleurs neuropathiques, effets secondaires de la chimiothérapie…). L’expérimentation du cannabis sera ainsi menée dans plusieurs hôpitaux. La prescription médicale de cannabis sera effectuée en premier lieu à l’hôpital par un médecin spécialiste, neurologue ou médecin de la douleur. Le cannabis thérapeutique sur ordonnance pourra ensuite être renouvelé par un médecin généraliste.
Cannabis thérapeutique en France

Un an déjà que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait donné son accord pour l’expérimentation limitée de l’usage médical du cannabis. Cette fois ce sont les députés qui ont donné leur feu vert fin octobre 2019. Les parlementaires ont voté à main levée et à l’unanimité le principe de cette expérimentation pour deux ans. « Elle pourra porter sur    3 000 patients en France et visera à expérimenter l’impact positif des dérivés du cannabis sur certaines pathologies », ont expliqué les députés. Les patients choisis seront ceux pour lesquels il n’existe pas d’autre solution thérapeutique pour les soigner. En réalité, la France n’est pas spécialement en avance dans ce domaine : 17 pays de l’Union Européenne ont déjà autorisé des traitements à base de cannabis médical.

Qui précisément pourra bénéficier du cannabis thérapeutique ?

D’abord les personnes souffrant de maladies graves : épilepsies, douleurs neuropathiques, effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou contractions musculaires incontrôlées de scléroses en plaques.

Qui pourra délivrer du cannabis thérapeutique ?

L’expérimentation sera menée dans plusieurs centres hospitaliers. En fait, la prescription initiale sera effectuée à l’hôpital par un médecin spécialiste, un neurologue ou un médecin de la douleur. Un registre national électronique va aussi être créé pour assurer le suivi des malades. Un protocole a été prévu par la loi  pour éviter les dérapages : les patients devront d’abord se fournir en pharmacie hospitalière, puis ils pourront renouveler leurs traitements en pharmacie de ville. Le produit délivré sera remboursé par la Sécurité Sociale.

Qu’est-ce qui pose encore problème ?

La question la plus délicate, c’est évidemment le problème de la filière d’approvisionnement puisque la France n’autorise pas la production de cannabis sur son territoire. Une autorisation sanitaire pilotée par le ministère de la Santé sera bientôt délivrée et des producteurs locaux, dans les Outre-mer et en France métropolitaine, pourront lancer la production. L’agence du médicament autorise les traitements sous forme de fleurs séchées, d’huiles ou de tisanes.

Avec à chaque fois, deux principes actifs : le tetrahydrocannabinol (THC) aux effets psychoactifs, et le cannabidiol (CBD) qui entraîne plutôt une relaxation musculaire.


Rappelons enfin que pour les pouvoirs publics, il n’est pas question de légaliser le cannabis hors de ce cadre thérapeutique.