Formation

Etudiants infirmiers et en maïeutique : le « service sanitaire » sera obligatoire dès la rentrée 2018

19 avril 2018

Infirmières, sages-femmes, médecins, pharmaciens, kinés…  : dès la rentrée prochaine, les étudiants en santé vont expérimenter le tout nouveau  "service sanitaire" obligatoire mis en place par les pouvoirs publics. Dans le cadre de leur formation, ils effectueront une mission de 6 semaines (à temps plein) ou de 3 mois (à mi-temps) dans les collèges, les lycées et les universités pour mener des actions de prévention. Modalités d’application : pour les étudiants infirmiers, ce service se fera en 2ème ou 3ème année. Il sera obligatoire pour valider le diplôme et ne sera pas rémunéré.
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Dès la rentrée 2018, les 47 000 étudiants inscrits dans les filières de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, ainsi qu’en études de soins infirmiers et de masseur-kinésithérapeute, devront effectuer un «service sanitaire » obligatoire. En 2019, ce service sanitaire obligatoire sera généralisé à toutes les formations en santé (ergothérapie, orthophonie…), portant le total des étudiants concernés à 50.000 par an.

Dans un premier temps, ils se rendront dans les collèges, les lycées, ou encore des universités, pour mener des actions de prévention, avec quatre thématiques privilégiées : l’alimentation, l’activité physique, les addictions et la santé sexuelle et affective.

 Lutter contre les inégalités sociales en généralisant la prévention

 Le service sanitaire obligatoire a été instauré pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales, en touchant des publics qui bénéficient habituellement peu de dispositifs de prévention. Les étudiants se déploieront de la manière la plus large possible, ils vont sortir des villes, et se rendre dans les territoires ruraux. Déjà, depuis le mois de mars, des expérimentations sont lancées à Angers, Clermont-Ferrand, Caen et Dunkerque. A Angers, de futurs médecins sont ainsi déjà intervenus, en binôme avec des étudiants infirmiers, dans des collèges et lycées de zones sensibles, celles où un renoncement aux soins « plus important que la moyenne nationale » a été constaté. « Cela va certainement changer l'exercice de notre métier. Nous serons mieux armés, plus tard, dans nos apports pratiques et théoriques. Nous aurons plus de connaissances et du coup, plus d'impact dans nos actions », explique Ludivine Gauthier, présidente de la Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers (FNESI).

Un service sanitaire obligatoire non rémunéré

Pour chaque étudiant en santé, ce service sanitaire va durer l’équivalent de trois mois à mi-temps (ou six semaines à temps plein, ou 60 demi-journées). Ce module devra s’intégrer dans les emplois du temps des étudiants des différentes filières. Il sera obligatoire pour l’obtention du diplôme. Pour les infirmiers, ce sera en deuxième ou troisième année, pour les pharmaciens en quatrième ou cinquième année, quand les futurs médecins s’y mettront durant leur troisième année d’études.

Le service sanitaire obligatoire ne sera pas rémunéré, comme pour un stage classique. Il est considéré comme une contribution des étudiants de santé à l’effort national de prévention. En revanche, les pouvoirs publics ont assuré que les frais de déplacement seraient remboursés.