On parle des hospitaliers

Héritage : un aide-soignant du CHU de Caen offre 2 millions d’euros à « La Chaîne de l’espoir »

15 novembre 2018

Pour honorer la mémoire de son père André Festoc, un aide-soignant du CHU de Caen, Eric Festoc, a décidé d’offrir une partie de son héritage à « La Chaîne de l’Espoir ». Cette association, fondée par le professeur Alain Deloche en 1994, opère en France chaque année plus de 5000 enfants étrangers qui souffrent de malformations cardiaques. Grâce à un don de 2 millions d’euros de cet hospitalier, la Chaîne de l’espoir a pu construire, au Mali, une unité de chirurgie cardiaque pour opérer les enfants sur place. Une équipe du CHU de Caen a opéré les premiers enfants à Bamako. Elle assure aussi la formation des chirurgiens maliens.
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Tout commence en 2015 : après le décès de son père André Festoc, son fils Eric, un aide-soignant du CHU de Caen (Calvados), décide d’offrir une partie de son héritage à la « Chaîne de l’espoir ». Cette association opère, chaque année, en France, plus de 5000 enfants étrangers atteints de maladies cardiaques, qui ne peuvent être opérés dans leur pays, faute de structures suffisantes. Certes, André Festoc a bien réussi dans les affaires, mais au moment de son décès, son fils ne sait pas encore qu’il a économisé tout au long de sa vie au point de constituer un véritable pactole. Quand il découvre l’héritage conséquent dont il peut disposer, Eric décide de le partager.

Un don exceptionnel de 2 millions d’euros à la Chaîne de l'espoir pour créer une unité de chirurgie cardiaque à Bamako

De son vivant, André faisait déjà des dons à la « Chaîne de l’espoir ». Du coup, son fils (avec sa sœur et sa mère) décident d’honorer sa mémoire en versant à la « Chaîne de l’espoir » la somme inespérée de 2 millions d’euros ! Ce don exceptionnel permet à l’association de construire à Bamako, la capitale du Mali, une unité de chirurgie cardiaque, pour opérer les enfants malades directement dans leur pays. Cette fois, ce ne sont plus les enfants malades qui font le voyage en France, temporairement logés dans des familles d’accueil, ce sont les équipes françaises qui vont opérer au Mali. Pour ces jeunes enfants dont les pathologies sont lourdes, c’est un soulagement de se faire opérer sur place car leurs familles peuvent rester auprès d’eux.
En septembre, Eric Festoc s’est rendu sur place lui aussi, pour assister à l’inauguration. Il y est resté 5 jours avec sa mère âgée de 86 ans. «Le jour même, des enfants ont été opérés. Et nous avons reçu un accueil incroyable.», dit-il encore émerveillé. La petite Fanta Diarra, première bénéficiaire de cette nouvelle prise en charge, a déclaré à l'AFP : « Je suis très contente de pouvoir être opérée, je serai comme mes autres camarades, je vais pouvoir travailler, me marier ». «Je suis très heureuse que ma fille soit opérée au Mali», a expliqué sa mère, Aminata Ba.

Une fillette atteinte d'une communication intra-auriculaire opérée au Mali

La fillette était atteinte d'une communication intra-auriculaire, une affection cardiaque diagnostiquée alors qu'elle était âgée de 3 mois. Six ans plus tard, elle a donc été opérée par une équipe franco-malienne à Bamako. «Mais pour le moment, selon les pathologies cardiaques, tous les enfants ne peuvent y être encore soignés. Nous devons encore poursuivre les formations », rappelle le docteur Babatasi, chirurgien cardiaque au CHU de Caen. Il a récemment opéré un enfant malien atteint de la « maladie bleue ».

La Chaîne de l’espoir souhaite désormais former de plus en plus de chirurgiens maliens. « Je vois bien dans le regard des jeunes chirurgiens maliens quelque-chose qui ressemble à de la fierté... » explique avec émotion le professeur André Deloche, le fondateur de La Chaîne de l’espoir. De son côté, Eric Festoc ne veut pas en rester là. La famille aimerait poursuivre son action, en aidant à construire un lieu d’accueil « à côté de l’unité de cardiologie, pour loger les familles dont les enfants sont opérés et qui viennent souvent de loin ». Pour cela, ils attendent la vente d’une maison familiale !

Mais ce n’est pas tout : l’aide-soignant aimerait aussi soutenir la construction d’un hôpital au Laos : « C’est le seul pays où La Chaîne de l’espoir n’en a pas encore construit. Mais là, il faudra que je gagne au loto », sourit Éric avant de repartir travailler au CHU de Caen.