Vie à l'hôpital

Infections nosocomiales : une nouvelle hausse alarmante entre 2012 et 2017

26 juillet 2018

Le rapport de l’Agence Sanitaire de Santé Publique en France (SPF) , publié en juin 2018, tire la sonnette d’alarme : la part des infections nosocomiales liées à une intervention chirurgicale à l’hôpital est passée de 13,5 % en 2012 à 16 % en 2017. Ce qui représente 1 patient sur 20 touché par au moins une infection nosocomiale dans un établissement de santé, principalement dans les services de réanimation. L’hygiène des mains est en progrès mais les rumeurs internet (fausses !) sur les solutions hydro-alcooliques freinent parfois les efforts de prévention.
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Depuis 1990, une fois tous les cinq ans, l’Agence Sanitaire de santé publique en France fait le bilan des infections nosocomiales contractées à la suite d’une hospitalisation, auprès de 403 établissements de santé en France. Et le nouveau constat est alarmant, car les chiffres sont en hausse. Selon la dernière enquête de publiée en juin 2018, la part des infections nosocomiales liées à une intervention chirurgicale est passée entre 2012 et 2017 de 13,5 % à 16 %. Elle se range ainsi au deuxième rang des infections nosocomiales les plus courantes derrière les infections urinaires (28 %) et devant les pneumonies (15,5 %).

4200 décès liés à des infections nosocomiales chaque année

Un patient hospitalisé sur vingt est touché par au moins une infection nosocomiale contractée dans un établissement de santé. « On estime que 4200 décès sont liés à des infections nosocomiales chaque année », explique le docteur Bruno Coignard, responsable de la direction des maladies infectieuses de l’agence sanitaire Santé publique France.
Parmi les bactéries le plus fréquemment responsables d’infections nosocomiales contractées au cours d’un séjour à l’hôpital : l’Escherichia coli (près d’un quart des infections) et le staphylocoque doré (13 %). Mais ce dernier recule : la proportion des patients infectés par le staphylocoque doré, résistant à l’antibiotique méticilline, baisse de 7,5 % entre 2012 et 2017. «Cela montre que les efforts quotidiens dans les hôpitaux, notamment d’hygiène des mains, portent leurs fruits », remarque le Dr Coignard. Mais il ne faudrait pas que l’effort se relâche.

Attention aux fausses rumeurs internet sur les solutions hydro-alcooliques

Le docteur Pierre Parneix, président de la société française d'hygiène hospitalière, déplore le « bad buzz » sur les solutions hydro-alcooliques, qui servent à se désinfecter les mains entre chaque patient. Selon lui, des soignants refuseraient de s'en servir car elles seraient nocives, selon de fausses rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux. Un phénomène « qui ne touche que la France », prévient-il encore.

Toujours selon le même rapport, les infections nosocomiales sont davantage constatées dans les services de réanimation qui soignent des patients plus vulnérables et exposés à des dispositifs invasifs (cathéter, assistance respiratoire, sonde urinaire) qui augmentent les risques.
On note également que ces maladies concernent davantage les plus de 65 ans qui représentent 56 % des cas recensés.
Les infections nosocomiales surviennent également dans les soins de ville et les Ehpad. D'où la nécessité « d'élargir la surveillance et la prévention de ces infections au-delà des hôpitaux et cliniques », souligne le professeur Jean-Christophe Lucet, président d'un comité d'experts auprès de l'agence sanitaire.