Progrès médicaux

Institut Curie de Paris  : les nano-particules ont guéri le cancer de Marie-Christine, retraitée de 68 ans !

17 octobre 2019
« Je suis guérie… » Esthéticienne à la retraite, Marie-Christine se pensait condamnée il y a encore trois ans quand elle a appris qu’elle avait un cancer de la gorge avec une tumeur inopérable. Mais elle a accepté de participer à de nouveaux essais de traitements menés par l’Institut Curie. Des essais concluants : la tumeur a disparu ! Le principe de l’expérimentation : faire une injection localisée, directement dans la tumeur, de nanoparticules d’hafnium (un métal inerte) qui vont avoir pour effet de démultiplier les effets des séances de radiothérapie. Les nanoparticules majorent l'action des rayons, sans créer de toxicité ! L’étude de l’Institut Curie (qui a fait sensation en juin 2019 lors du Congrès mondial annuel de cancérologie) montre que pour 9 patients sur 13, comme pour Marie-Christine, les cellules cancéreuses ont totalement disparu en quelques mois.
Nano particules pour guérir le cancer

« J'ai tout de suite accepté de participer à l'essai, d'être cobaye… Les médecins détestent que j'emploie ce mot, mais je n'y vois rien de négatif. La réussite est, pour moi, de 100 % », explique Marie-Christine. Avec 12 autres patients, elle a participé à une étude menée en France par l’Institut Curie. On lui a injecté des molécules infiniment petites, des nanoparticules d’hafnium (un métal inerte), capables de démultiplier les effets des rayons de la radiothérapie. Et aujourd’hui, Marie-Christine est guérie.

Pourtant elle revient de loin. En 2016, on lui découvre un cancer de la gorge. La tumeur est trop grosse pour être opérée. Et son cœur, trop fragile, risque de ne pas supporter la chimiothérapie. Marie-Christine se pense condamnée. L’Institut Curie lui propose alors de faire partie de la liste de patients qui vont participer à des essais. Sous anesthésie générale, elle reçoit la fameuse injection localisée de nanoparticules d’hafnium. Le lendemain, elle commence la première de ses 35 séances de radiothérapie. Et la tumeur disparaît. Preuve en effet que les nanoparticules ont multiplié les effets de la radiothérapie.

Dans l’étude menée par l’institut Curie, pour 9 patients sur 13, la tumeur cancéreuse a disparu

Dans la même étude menée par l’Institut Curie, pour 9 patients sur 13, âgés de 65 à 91 ans, la tumeur a disparu. Marie-Christine n’est donc pas un cas à part. C’est une telle avancée en matière de cancérologie que l’étude fait l’objet d’une annonce au prestigieux Congrès de cancérologie à Chicago (Etats-Unis) au mois de juin 2019. Une injection est effectuée directement dans la tumeur, la veille de la radiothérapie. Ce protocole a été proposé à des malades atteints de cancer de la gorge, de la bouche, du larynx, des cancers qui sont la plupart du temps causés par le tabac ou l'alcool. Dans cette expérimentation, ces patients ne devaient être traités que par radiothérapies, car leur état de santé ou leur âge ne leur permettait pas de recevoir une chimiothérapie.

« Cette étude montre que l'on peut effectivement injecter des nanoparticules sans problème de tolérance, que tout se passe très bien. La majorité des patients que l'on a traité sont en réponse, et dans 75% des cas, la tumeur a complètement disparu », explique le Professeur Christophe Le Tourneau, chef du département des essais cliniques précoces à l'Institut Curie.

Des expérimentations pourraient être lancées dans des cancers encore plus fréquents, comme celui du sein ou de la prostate.