Vie à l'hôpital

Le « Candida auris » ou « champignon tueur » envahit les hôpitaux du monde entier 

26 septembre 2019

Le Candida auris existe depuis longtemps mais il est répertorié depuis moins de 10 ans ! C'est un champignon identifié en 2009, qui a été retrouvé sur des malades dans 32 pays du monde. Il prolifère dans le conduit auditif du patient. Il n'est pas dangereux tant qu'il n'entre pas dans le sang, mais dès qu’il peut s’introduire, il provoque des infections qui peuvent être mortelles. S’il pose problème aujourd’hui dans les hôpitaux, c’est à cause de sa résistance aux traitements antifongiques et aux mesures d'hygiène et d'entretien. En France, on ne compte que quelques cas, dont aucun mortel, mais les médecins appellent à la vigilance.
Candida auris champignon tueur

Candida auris dans les hôpitaux: des cas isolés en France pour le moment

Le Candida auris est un nouveau champignon découvert en 2009 dans l’oreille d’un Japonais, plus particulièrement dans son conduit auditif. Très vite, à l’époque, il se diffuse en Asie du sud-est, en Inde, en Afrique du Sud, aux États-Unis… et en Europe. En 2016, une contamination de 72 patients dans un hôpital de Londres, en Angleterre, conduit à une fermeture de plusieurs jours d'une unité de soins intensifs. Si la France ne compte que quelques cas isolés, la Société française d’hygiène hospitalière invite les autorités publiques à redoubler de vigilance pour éviter toute épidémie. Ce champignon peut provoquer une infection parfois mortelle, notamment chez des patients très fragilisés, très immunodéprimés, dans les services de réanimation.

Qui est Candida auris ?

Il n'est ni un virus, ni une bactérie, mais un champignon, plus exactement une levure. Il appartient à une famille, les Candida, qui compte des dizaines d'espèces différentes, dont certaines sont connues pour provoquer des infections dangereuses et parfois mortelles, les candidémies.

Comment le Candida auris se transmet-il ?

Il se transmet par les mains, lors des soins : il peut passer par les sondes urinaires, les cathéters, lors d’une incision… L’infection va alors se manifester par de la fièvre et des signes locaux au niveau de la porte d’entrée : du pus sur une cicatrice, des brûlures pour une infection urinaire, des rougeurs au niveau du cathéter.

Pourquoi faut-il se méfier du Candida auris ?

D’abord, il est beaucoup plus résistant que les autres champignons aux médicaments antifongiques. Quand une épidémie arrive, on a beaucoup de mal à s’en débarrasser. Plus de 90% des souches de Candida auris ont une résistance naturelle au fluconazole, et entre 35 et 50% des souches ont une résistance à l'amphotéricine B.

Ensuite, c’est un champignon qui résiste très bien dans l’environnement et qui n’est pas sensible aux désinfectants habituels. A moins d’utiliser des produits plus agressifs, par exemple de l’eau de Javel. Une substance qui attaque la peau des soignants et le matériel… Le New York Times raconte qu'un hôpital de New York a même dû arracher une partie des dalles qui couvraient le sol et le plafond de la chambre d'un patient décédé pour s'en débarrasser.

Pas de catastrophisme, mais…
Jusqu'ici, personne n'a été contaminé par le Candida auris en France. Les seuls patients connus ont tous pour point commun d'avoir été hospitalisés à l'étranger, notamment en Inde, et d'être rentrés en France avec ce champignon. Dans une publication pour le Centre de prévention des infections associées aux soins (CPIAS), Audrey Maurand, médecin au CHU de Saint-Étienne (Loire), pointe avec ses collègues que « Candida auris pourrait, prochainement, représenter un sérieux challenge en matière de gestion du risque infectieux».

D’où la nécessité de renforcer les mesures de prévention et d’hygiène pour le personnel soignant.