Progrès médicaux

Parkinson : un nouvel espoir pour les malades avec l’immunothérapie

21 juin 2018

Au moins 10 000 nouveaux cas de Parkinson sont détectés en France chaque année, et 50 % des personnes atteintes ont moins de 58 ans. Lenteur du mouvement, raideurs musculaires, tremblements ou douleurs, problèmes d’élocution, les symptômes sont variés. Pour enrayer, voire stopper cette maladie neurodégénérative qui touche le cerveau, l’immunothérapie (qui a fait ses preuves dans la prise en charge du cancer du poumon) est peut-être la solution de demain. L’association France Parkinson a dévoilé de nouvelles avancées. 
Un médicament serait diffusé en perfusion pour stimuler le système immunitaire et l’aider, dans le cas de Parkinson, à se débarrasser des dépôts anormaux de protéines dans le cerveau.
Espoir pour les malades de Parkinson avec l'immunothérapie

200 000 personnes souffrent de la maladie de Parkinson en France

C’est la deuxième maladie neurodégénérative, après Alzheimer. Dans le cerveau, la maladie de Parkinson détruit progressivement les neurones à dopamine qui interviennent dans la gestion des mouvements du corps. Et les premières difficultés motrices apparaissent quand plus de la moitié de ces neurones sont détruits.

Pour enrayer l’aspect inexorable de la maladie et stopper son développement, des chercheurs travaillent sur de nouvelles pistes de recherche très prometteuses en immunothérapie.

Et quand on connaît le fonctionnement du cerveau, cela n’a rien d’étonnant. En fait, le cerveau est rempli de protéines alpha-synucléines. Mais chez quasiment tous les patients de la maladie de Parkinson, elles s’agrègent de façon anormale, notamment dans les cellules à dopamine, indispensable au contrôle des mouvements du corps. D’où l’idée d’aller éliminer à la source ces dépôts anormaux par l’immunothérapie, en stimulant les défenses immunitaires. Une technique jusque-là utilisée en cancérologie…

Piéger les protéines anormales pour enrayer la progression de la maladie

« C’est un peu comme un vaccin thérapeutique », explique le chercheur Stéphane Hunot, chef d’équipe à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM). « Plusieurs études américaines ont montré une efficacité et une bonne tolérance des patients. C’est une piste intéressante et prometteuse ». Voilà pourquoi la phase 2 d’un essai clinique international a commencé auprès de plus de 300 patients. Pour Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes, partenaire de cette recherche innovante, c’est un nouvel espoir pour tous les malades : « Le but est de ralentir le processus dégénératif, voire de le stopper si on arrive au tout début de la maladie. Cela veut dire une bien meilleure qualité de vie, moins de fatigue, de raideurs, de problèmes gestuels, de troubles intestinaux. Moins de tremblements aussi même si ce symptôme ne concerne « que » 30 % des patients. »

Beaucoup d'espoir avec l'immunothérapie pour la maladie de Parkinson

Didier Robiliard, président de France Parkinson, fonde beaucoup d’espoir en l’immunothérapie, mais il explore aussi d’autres pistes. Un essai européen est notamment en cours pour faire baisser les taux trop élevés de fer dans le cerveau. S’il est essentiel à l’organisme, l’excès de fer pourrait en effet être à l’origine d’une dégénérescence des neurones.