Progrès médicaux

Première greffe d’utérus réalisée en France à l’hôpital Foch à Suresnes !

2 mai 2019

Fin mars, à Suresnes, en région parisienne, l’équipe du professeur Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Foch a réalisé une grande première en France : une greffe d’utérus sur une jeune femme de 34 ans. Particularité : la donneuse était sa mère ménopausée de 57 ans. Les deux femmes sont en bonne santé. La patiente greffée est née sans utérus à cause d’une maladie congénitale rare, le syndrome de Rokitansky (MRKH), qui touche une femme sur 4500 à la naissance. La patiente transplantée n’est pas encore enceinte, mais le transfert d’embryons préalablement congelés pourrait se faire dans dix mois. Dans le reste du monde, une demi-douzaine de naissances ont eu lieu grâce à une greffe utérine. En France, deux équipes ont reçu l’autorisation de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour réaliser des greffes utérines. L’équipe du Pr Jean-Marc Ayoubi, à l’hôpital Foch et une équipe du CHU de Limoges.
Première greffe d'utérus en France

Le 31 mars dernier, l’hôpital Foch de Suresnes, en région parisienne, a réalisé une grande première : une jeune femme de 34 ans, née sans utérus, a pu bénéficier d’une greffe d’utérus grâce à un don de sa mère, âgée de 57 ans et ménopausée. En clair : la mère a donné son utérus à sa fille pour qu’elle puisse porter des enfants ! « Toutes les deux vont bien », a indiqué le professeur Olivier Bastien, responsable des greffes à l’Agence de la biomédecine. Le prélèvement de l’utérus sur la mère donneuse a été réalisé par chirurgie robotique. Cette technologie permet de réduire le temps d’intervention sur la donneuse, de 10 heures (avec une opération classique) à 6 ou 7 heures.

Une première en France

Cette greffe est une première en France, mais pas une première dans le monde : à ce jour, plus d’une cinquantaine de femmes ont bénéficié d’une transplantation de ce type et ont donné naissance à 15 enfants. La première transplantation d’utérus a été réalisée en 2014 par l’équipe de Göteborg en Suède, la plus en pointe dans ce domaine.

Cette greffe s’adresse évidemment aux femmes ayant dû subir une ablation de l’utérus (hystérectomie) à la suite par exemple d’un cancer. Elle est aussi indiquée pour les femmes, atteintes du syndrome de Rokitansky (MRKH), qui naissent sans utérus. C’est de cette maladie, qui touche 100 à 200 femmes par an en France, dont souffre cette jeune femme de 34 ans qui vient d’être greffée à l’hôpital Foch.

La quasi totalité des greffes d’utérus réalisées dans le monde a été menée à bien grâce à des donneuses vivantes

En théorie, deux types de greffes d’utérus sont possibles : celles à partir de donneuses vivantes et celles à partir de donneuses décédées. Dans le premier cas, la greffe est réalisée grâce à un don d’utérus émanant, dans la très grande majorité des cas, de la mère de la receveuse. Cette donneuse doit bien sûr avoir renoncé à tout projet d’enfant, mais elle peut évidemment mener une vie normale après l’opération, l’utérus n’étant pas un organe vital et ne jouant pas de rôle dans la sexualité.

Autre possibilité : une greffe peut être réalisée à partir d’une donneuse décédée. Il existe un seul exemple au monde : en 2017, un bébé est né au Brésil d’une mère ayant bénéficié d’une greffe réalisée grâce à une femme en état de mort cérébrale.

La patiente ayant bénéficié de la greffe devrait pouvoir être enceinte l’année prochaine

Les médecins de l’hôpital Foch espèrent désormais que la patiente, tout juste greffée, pourra avoir un enfant l’année prochaine. « Avant, elle bénéficiera, dans un délai d’environ dix mois d’une fécondation in vitro réalisée à partir de ses propres ovocytes qui ont été congelés », indique le professeur Bastien. En principe, cette jeune femme ne devrait pas garder son utérus plus de 5 ans. Cette greffe doit lui permettre d’avoir au moins deux enfants mais n’a pas vocation à durer dans le temps, en raison des risques liés au traitement immunosuppresseur, que la patiente de l’hôpital Foch doit prendre comme toutes les autres personnes greffées.