On parle des hospitaliers

Que change le port du masque dans les rapports entre soignants et soignés ?

17 juin 2020

Avec la crise du COVID-19, le port du masque s’est systématisé chez tous les soignants. Cela a modifié la communication, tant le masque peut cacher les expressions et les mimiques. Un collectif de sociologues universitaires effectue une enquête pour mieux comprendre cet impact, notamment  dans les rapports entre soignants et soignés. Le sociologue Cédric Calvignac livre dans le magazine Sciences Humaines un état des lieux après avoir recueilli des témoignages de professionnels de santé.
Masques et relations humaines

De la pédagogie pour expliquer le masque au début de la pandémie

Pour le sociologue et chercheur au Certop-CNRS, les premiers témoignages montrent que le masque « se place au cœur de la relation soignants-soignés ». Son usage généralisé chez les soignants au début de la pandémie a d’abord nécessité de la pédagogie, notamment pour réduire les appréhensions des patients, craignant que ce soit un signe de contamination. Ainsi, une infirmière à domicile rapporte qu’il a fallu souvent expliquer les bonnes pratiques liées au port du masque à des patients qui pensaient qu’elle faisait « du zèle ».

Des contraintes liées au port du masque… et à la pénurie

Quels que soient les soins, le port du masque a aussi changé les habitudes : réduire, par exemple, « le temps de présence et donc d’exposition aux patients ». Mais le sociologue évoque également le rôle des expressions du visage : « le sourire y a son importance, l’expressivité du visage concourt à une prise en charge rassurante et chaleureuse ». Pour dépasser ce manque, les professionnels de santé adoptent une communication différente : le rire, l’humour… Mais parfois, cela ne suffit pas, comme en témoigne une infirmière en charge de personnes en fin de vie qui a ressenti « une certaine peur, une angoisse » chez ses patients.

L’enquête Maskovid a  commencé en avril, à l’initiative d’un collectif de sociologues des Universités de Toulouse, de Nice et de l’Ecole des Mines de Paris. L’appel à témoignages est toujours ouvert aux personnels soignants sur le site de l’Institut National Universitaire Champollion.