Métiers et Carrières

Quels sont les métiers dans une unité de médecine légale ?

29 mars 2021

Des structures hospitalières existent pour accueillir des victimes de violence (agressions, maltraitances, et en majorité violences conjugales) pour les prendre en charge médicalement et aussi judiciairement. Les Unités médicaux-judicaires (UMJ) sont présents dans les centres hospitaliers régionaux et les équipes pluridisciplinaires travaillent auprès de patients qui sont aussi (surtout) des victimes.

Les UMJ, des unités dans tous les départements

Les Unités médicaux judicaires sont implantées sur tout le territoire français, le plus souvent dans les centres hospitaliers. On les appelle aussi « unité de médecine légale du vivant », pour les distinguer de l’institut médico-légal.

Les UMJ n’interviennent qu’à la demande des autorités judiciaires. Les infirmières reçoivent les victimes pour leur expliquer comment va se passer la consultation médico-légale pratiquée par le médecin légiste, et les prises en charges possibles par un psychologue ou une assistante sociale. Les patients peuvent être victimes de plusieurs formes de violence : une agression sur la voie publique, de la maltraitance envers un enfant ou une personne âgée, un accident sur la voie publique, mais aussi de violences conjugales, sexuelles, de harcèlement moral ou plus rarement d’attentat.

Le service est aussi sollicité pour la visite des personnes en garde à vue et intervient au sein des commissariats.

Le CAUVA, un service précurseur au CHU de Bordeaux

Le CAUVA (Centre d’accueil en urgence des victimes d’agression) est créé en 1999 de la volonté de plusieurs institutions : le CHU de Bordeaux mais aussi les Ministères de la Justice, de la Santé, de l’Intérieur et de la Défense. Ils signent ensemble la convention pour la mise en place de la structure. L’ambition ? Améliorer la prise en charge médicale, paramédicale et judiciaire du patient-victime et éviter le parcours du combattant habituel.

Plusieurs professionnels travaillent au sein de ce service : des médecins légistes, des infirmières et puéricultrices, des cadres de santé mais aussi les assistants socio-éducatifs. Sans oublier les juristes d’associations d’aides aux victimes. Des procédures existent selon que la victime se présente spontanément au CAUVA ou est envoyée par un officier de la police judiciaire. Mais dans tous les cas, les professionnels de santé travaillent pour que les procédures soient respectées et que les victimes puissent porter plainte. Plus de 3500 personnes poussent la porte de ce service tous les ans.

Travailler au sein d’une UMJ demande une grande rigueur au niveau des procédures judiciaires (la formation, « sur le tas », s’effectue au sein du service). Pour rejoindre cette unité, il faut surveiller les offres d’emploi au sein des établissements hospitaliers.  

Il ne faut pas sous-estimer l’investissement personnel, qui est important. C’est pourquoi il est fréquent que les infirmières, comme les aides-soignantes, ne restent qu’un temps limité. Une « mobilité forcée » de 5 ans est préconisée par les responsables du service, dans certains UMJ.