Mieux vivre demain

Réchauffement climatique de la planète : les premiers effets déjà perceptibles en France

22 novembre 2018

Quel sera le futur de nos enfants et petits-enfants sur cette Terre ? En octobre 2018, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a rendu un rapport très alarmiste sur le réchauffement climatique d’ici à 2100, prévoyant qu’au delà d’une augmentation de la température de 1,5 °C, les conséquences seraient terribles pour la planète. Le GIEC exhorte les dirigeants du monde entier à agir et à s’intéresser davantage au développement durable, si on veut éviter une catastrophe écologique, et la disparition de certaines espèces.
En France, la hausse de la température est déjà très perceptible. 2018 devrait figurer parmi les années les plus chaudes jamais connues dans notre pays. Et nous avons tous pu mesurer, sur notre vie quotidienne, les effets de ce réchauffement.
Effets du réchauffement climatique

En 2100, il sera trop tard. Et 2100 c’est le monde dans lequel vivront nos petits-enfants. C’est leur avenir. En octobre 2018, les scientifiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont publié un rapport décrivant la différence entre un réchauffement climatique de 1,5°C (déjà très alarmant) et un réchauffement de 2°C qui serait catastrophique pour la vie sur Terre. Le demi degré en plus aggravera considérablement l’état de la planète. Avec 1,5°C d’augmentation de la température, 350 millions d’humains seront confrontés à de graves inondations. Si on atteint + 2°C, ils seront 410 millions. Dans le premier cas, 70 % des récifs coraliens disparaitront. Dans le second, c’est la totalité des récifs coraliens qui sera concernée. Même constat pour l’extinction des espèces vertébrées qui passerait de 4% à 8 %. Tous les experts le disent : il faut faire des efforts considérables dès aujourd’hui pour corriger le tir car nous sommes actuellement plutôt sur une tendance proche de + 3°C.

Les effets du réchauffement climatique bien visibles en France

Encore plus préoccupant : ce qui avait été prédit par les scientifiques pour le futur est déjà en train de se produire. Tout s’accélère. Les effets sont d’ailleurs déjà bien visibles, y compris en France. Pour une raison simple : l’augmentation de 1,5°C prévue par les scientifiques du GIEC pour les années à venir, c’est déjà la hausse de température subie par la France de 1900 à nos jours.
Selon l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), le glacier d’Ossue, dans les Pyrénées, s’est ainsi raccourci de 550 mètres et a perdu 75 mètres d’épaisseur en un siècle. Dans les Alpes, des blocs entiers de montagne, subissent les effets de la chaleur et ont tendance à s’écrouler. Sur les côtes françaises, à cause du dérèglement climatique, on constate que la hauteur des vagues lors des tempêtes s’est accentuée. Jadis, les vagues les plus hautes mesuraient 6 mètres, mais on en trouve désormais qui montent à près de 9 mètres. Le GIEC prévoit une élévation de 1 mètre du niveau de la mer d’ici à 2100. Cela implique en France que 15000 kilomètres de routes communales, 2000 kilomètres de voies ferrées, 360 kilomètres d’autoroutes seront totalement submergées une ou plusieurs fois par siècle. Plus spectaculaire encore : si le niveau de le mer augmente de 1 mètre, il ne sera plus possible d’atterrir en avion dans aucun des deux aéroports de Corse !

Les vagues de chaleur de plus en plus suffocantes

Vous l’avez sûrement vérifié vous-mêmes : « depuis 20 ans, on a noté une augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur qui sont deux fois plus nombreuses que dans les années 1960», s’alarme Jean-Michel Soubeyroux, directeur-adjoint de la climatologie à Météo France. L’ONERC a aussi observé une « tendance climatique à l’assèchement des sols en France sur quasiment tout le territoire et en toute saison ». Un exemple : si vous habitez en région Bourgogne-Franche Comté, vous avez noté cet été que le Doubs était complètement à sec !
Le réchauffement a aussi une influence déjà visible sur la saison des pollens : si vous êtes allergique, vous avez pu constater que les pollens vous empoisonnent la vie beaucoup plus tôt dans l’année et beaucoup plus longtemps ! D’après les simulations du GIEC, ces effets vont s’amplifier.

Mais cette augmentation de la température sur notre planète a d’autres effets plus inattendus, notamment sur les vins ! L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a noté des « effets » sur la qualité des moûts de raisin récoltés, avec une augmentation du taux de sucre. Conséquence immédiate : dans les vignobles du sud du pays, les vins ont pris un degré tous les dix ans ! Autre phénomène observé, moins anecdotique qu’il n’y paraît : dans les années 1970, la fraîcheur du climat obligeait la chenille processionnaire du pin à stationner au sud de la Loire. Le réchauffement a poussé l’insecte à remonter vers le nord au rythme moyen de 2,7 kilomètres par an entre 1972 et 2009, puis de 4 kilomètres au cours des 10 dernières années ! Bientôt, elles seront partout ! Sans oublier les moustiques et les guêpes qui prolifèrent désormais dans les grandes villes.
Pas de doute : le réchauffement climatique est là et bien là. La France n’est évidemment pas épargnée. Le temps du constat est terminé, désormais c’est l’action qui compte avant tout.