Santé et Forme

Succès du dossier médical partagé : 1 million de créations en 1 mois !

14 mars 2019

Au 1er février 2019, le nombre de dossiers médicaux partagés (DMP) ouverts en France a passé la barre des quatre millions. Un premier bilan plutôt positif pour ce carnet de santé numérique personnel, après l’annonce de sa généralisation pendant les fêtes de Noël 2018. Un million de DMP ont ainsi été créés sur internet en quelques semaines. Le dossier médical partagé, gratuit et sécurisé, permet au patient de stocker toutes ses informations santé au même endroit. Pour les médecins, il simplifie la consultation des antécédents médicaux, et évite les examens redondants. Si la création du DMP est une démarche personnelle, les acteurs de santé sont sollicités pour aider chaque patient individuellement. Les hôpitaux sont à l’origine de la création de 21 % des dossiers depuis début 2019. Et pour que leur contenu soit à jour, les CHU tentent aujourd’hui de généraliser la mise en place d’un système d’alimentation automatique des DMP.
Dossier médical partagé

Généralisé à toute la France fin décembre 2018, Le Dossier Médical Partagé (DMP) décolle enfin et entre dans le quotidien des Français ! Entre Noël 2018 et le 1er février 2019, plus d’un million de Français ont créé leur carnet de santé numérique personnel. Les différentes campagnes de sensibilisation, dont la dernière, en décembre, semblent porter leurs fruits. « La courbe d’évolution est bonne », explique Nicolas Revel, le directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), qui s’est fixé l’objectif de 10 millions de DMP ouverts à la fin 2019.
Le DMP est la mémoire de la santé du patient. Il permet à chacun de stocker toutes ses informations « santé » au même endroit. Pour les soignants, il simplifie la consultation des antécédents médicaux : plus besoin d’attendre un transfert de dossier « papier » entre deux services ou même deux hôpitaux. Le DMP évite aussi les examens ou prescriptions inutiles, il permet de gagner en temps et en efficacité en cas d’urgence médicale.

21 % des nouveaux DMP ouverts en un mois l’ont été à l’initiative des hôpitaux

Créer un DMP est une démarche personnelle de chaque patient, à faire sur le site Internet dédié dmp.fr. Aucun dossier médical numérique ne peut être créé sans le consentement de l’intéressé. Beaucoup l’ont fait sur incitation de leur pharmacien ou de leur Caisse Primaire d’Assurance Maladie (29%) ou de l’hôpital où ils ont eu l’occasion de se rendre pendant cette période : 21 % des nouveaux DPM ouverts en un mois l’ont été à l’initiative des établissements de santé.

Une fois créé, le DMP est alimenté par le patient lui-même ou par les médecins (généralistes et spécialistes), les hôpitaux, les laboratoires d’analyses et les infirmiers libéraux. Ils intègrent à votre dossier les pathologies et les allergies, les traitements en cours et les précédentes prescriptions, les comptes rendus de consultation et d’hospitalisation, les résultats d’examens (radios, analyses…) et l’historique de vos remboursements de Sécurité Sociale.
Vous-mêmes, vous pouvez y intégrer votre groupe sanguin, vos antécédents familiaux, si vous portez des lunettes ou des lentilles, et même le nom d’une personne de confiance à prévenir en cas d’urgence.

Les hôpitaux font actuellement un gros effort pour alimenter les DMP

Car l’intérêt et l’efficacité du Dossier Médical Partagé dépend avant tout de la régularité et la fiabilité des informations qui y sont intégrées. Si elles sont incomplètes ou trop anciennes, il faudra malgré tout refaire les examens ou analyses. Selon Nicolas Revel, le directeur général de la CNAM, « les hôpitaux font actuellement un gros effort pour alimenter les DMP… » Et il ajoute : « On observe que tous les CHU sont en train de mettre en place un système d’alimentation automatique des dossiers médicaux numériques…»

Mais la motivation des médecins généralistes pour remplir régulièrement ces dossiers ne semble pas être aussi forte que dans les hôpitaux. Certains restent échaudés par les difficultés, les lenteurs et même les bugs dans la mise en place des DMP depuis 15 ans. C’est peut-être pour cette raison qu’avant la fin 2018, le dossier numérique n’a jamais vraiment décollé.

Malgré tout, les pouvoirs publics comptent atteindre la barre des 10 millions de dossiers ouverts avant fin 2019 et 40 millions d’ici à 2022. Une nouvelle campagne d’incitation s’adressera bientôt aux étudiants. Et des accords avec la CNAM sont en cours pour inciter les infirmières et les EHPAD à encourager la création de nouveaux dossiers.

L’enjeu est important : la généralisation du DMP devrait, à terme, réduire la note de l’Assurance maladie de 3,5 à 6,5 milliards d’euros par an. Certains de nos voisins ont d’ailleurs bien compris l’intérêt de ce système électronique : le DMP pour tous fonctionne déjà très bien notamment au Danemark, en Finlande, en Suède, ou encore en Estonie.