Progrès médicaux

Système de santé : comment se situe la France en Europe ?

1 mars 2018

Fin 2017, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a publié un rapport qui s’intéresse aux points faibles et aux points forts de chaque système de santé des 28 pays de l’Union Européenne. Qu’en est-il pour le système français ?
système de santé français et depenses de sante

Points forts du système de santé français

- notre pays est en pointe pour le traitement des crises cardiaques et des AVC.

- Les dépenses de soins par an et par habitant se situent au dessus de la moyenne européenne (3400 euros en France contre 2800 euros en moyenne en Europe).

- Les remboursements de soins restent à un très haut niveau : chez nous, le reste à charge pour le patient est le plus bas d’Europe.

Points faibles du système de santé français

- A l’hôpital, la chirurgie ambulatoire a pris du retard par rapport aux autres pays européens.

- Les dépenses de prévention restent très insuffisantes, en particulier dans la lutte contre le tabac et l’alcool (moins de 2% du budget de santé en France).

- Trop de Français renoncent encore à l’accès aux soins dentaires et optiques.

- A noter aussi : le recul inquiétant de la vaccination contre la grippe chez les séniors.

Quelles sont les forces et les faiblesses du système de santé français comparé à celui de ses voisins européens ? Comment la France apparaît-elle dans ce bilan de l’OCDE ?

Amélioration en France de la qualité des soins pour les crises cardiaques et les AVC

Selon ce rapport, le taux de mortalité en France due à des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) comptent parmi les plus faibles d'Europe. La qualité des soins pour ces pathologies s'est améliorée en France ces dix dernières années, grâce notamment à un traitement plus rapide des patients avant leur transport à l'hôpital et au développement d'unités spécialisées pour traiter crises cardiaques et AVC.

Tabac, alcool, et activité physique des jeunes : la France mal placée en Europe

"La France est particulièrement mal placée pour la consommation d'alcool des adultes, le tabagisme et l'activité physique des jeunes de 15 ans, où elle est même avant-dernière, juste devant l'Italie", explique Gaëtan Lafortune, économiste à l'OCDE. Le surpoids et l'obésité chez les adolescents de 15 ans ont aussi augmenté, passant en France de 11% au début des années 2000 à 14% en 2014.

Ce rapport insiste sur l'importance de la prévention, pour laquelle les pays européens ne consacrent que 3% de leur budget en moyenne. La France, elle, n'y consacre même pas 2%.

Les dépenses de santé en France, au dessus de la moyenne européenne

Les dépenses de santé en France sont 20% plus élevées que dans la plupart des pays de l'UE. Elles ont atteint 3 400 euros par habitant en 2015 contre une moyenne de l'UE de 2800 euros.

"Etant donné que plus des trois quarts des dépenses de santé sont financées par des fonds publics et que l'assurance maladie complémentaire joue un rôle important, la part du reste à charge pour les patients est la plus faible de toute l'UE", précise le rapport.

Malgré tout,  l'accès aux soins en France est globalement bon, « il reste des besoins non couverts pour les plus modestes en dentaire et en optique». Jusqu’à 25 % de la population française déclarent renoncer à des soins dentaires ou d’optique à cause d’un reste à charge trop important.

Dépenses de soins dans 8 pays de l’Union Européenne dont la France

Pays

Montant des dépenses de santé par habitant et par an

Allemagne

5700 euros

Suède

3900 euros

Belgique

3600 euros

France

3400 euros

Italie

2600 euros

Espagne

2400 euros

Grèce

1800 euros

Roumanie

  800 euros

Sources : OCDE (chiffres 2015)

La moyenne européenne se situe à 2800 euros de dépenses de santé par habitant et par an.

Trop d'antibiotiques, alors qu’ils ne sont pas automatiques !

Malgré des efforts réalisés début des années 2000 avec le lancement de la campagne "Les antibiotiques c'est pas automatique", la consommation de ces médicaments en France reste bien plus élevée que dans la plupart des autres pays européens. Seuls les Grecs, les Roumains et les Chypriotes en consomment plus que les Français. A l'inverse, la part des génériques reste bien plus faible en France que chez nos voisins.

Un manque de médecins de plus en plus évident.

Depuis 2000, le nombre de médecins par habitant est resté stable en France, alors qu’il a augmenté dans la plupart des autres pays de l’UE. "En 2000, le nombre de médecins français était pourtant très supérieur à la moyenne européenne", précise Gaëtan Lafortune. Voilà pourquoi, en septembre 2017, a été décidée une hausse de 6 % du "numerus clausus" d’étudiants admis en deuxième année de médecine (de 7633 à 8124), concentrée dans les facultés de médecine qui se trouvent dans des "déserts médicaux".

Retard sur la chirurgie ambulatoire

En France, le développement de « l’ambulatoire » a démarré dans les années 2000, plus tard que dans la plupart des pays de l’Union Européenne, mais plus tôt qu'en Allemagne.

"Il y a encore beaucoup de marge de progression pour accroître les chirurgies ambulatoires, en particulier les ablations des amygdales et de la vésicule biliaire",  explique Gaëtan Lafortune. Les pouvoirs publics souhaitent que 70% des actes de chirurgie soient réalisés en ambulatoire d'ici 2022.

Enfin, le recul de la vaccination contre la grippe chez les seniors et l'accès aux médicaments chers « sont, eux, des défis pour la France », conclut l'étude sur notre pays.