Vie à l'hôpital

Violences conjugales : les professionnels de santé encouragés à repérer les victimes

28 novembre 2019

Aujourd’hui en France, 220 000 personnes sont victimes de violences conjugales. Pour la Haute Autorité de Santé, les médecins généralistes dans leurs cabinets, comme les médecins ou les infirmières aux urgences des hôpitaux, sont des interlocuteurs auxquels ces femmes victimes de violences doivent pouvoir s’adresser en tête à tête et se confier sur leurs problèmes de violences dans le couple. Voilà pourquoi la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié il y a quelques semaines, une recommandation de bonne pratique pour permettre aux professionnels de santé de mieux repérer les femmes victimes de violences. Un premier guide pratique à destination de tous les professionnels de santé : généralistes, sage-femme, kiné, dentistes, infirmières.
repérer les violences conjugales

 

220 000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes chaque année en France de violences physiques ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire. « Un problème qui touche tous les âges, toutes les cultures, tous les milieux sociaux », explique la Haute Autorité de Santé (HAS). Mais bien souvent, ces violences ne sont ni signalées, ni dénoncées. Par peur, ou parce qu’elles ont honte de ce qui se passe chez elles, ces femmes victimes de violences se taisent. Or ces violences affectent évidemment leur santé et celle de leurs enfants qui sont souvent les témoins involontaires de ces violences. Comment faire pour mieux repérer ces violences et mettre ces femmes à l’abri ? En favorisant les points de rencontres en tête à tête avec celles et ceux à qui ces femmes peuvent se confier plus facilement : les médecins généralistes dans leurs cabinets médicaux et les médecins et les infirmières aux urgences des hôpitaux.

Un guide de bonnes pratiques pour repérer les violences conjugales à destination des professionnels de santé

Tous sont invités par la Haute Autorité de Santé, à travers une « recommandation de bonnes pratiques », à mieux repérer les victimes de violences conjugales, à savoir comment agir en cas de violence avérée, et à poser systématiquement certaines questions-clés : « Comment vous sentez-vous à la maison ?», « Comment se passe votre vie de couple ? », « Vous est-il déjà arrivé d'avoir peur de votre partenaire ? » Lésions traumatiques, « explications vagues » ou troubles de l'anxiété : certains signes doivent alerter les médecins sur de possibles violences conjugales subies par leurs patientes.

Pour la HAS, les médecins doivent « systématiquement se poser la question d'éventuelles violences conjugales, même en l'absence de signe d'alerte, et en gardant à l'esprit que le phénomène concerne tous les âges de la vie et tous les milieux sociaux... » Le repérage précoce est essentiel car le plus souvent, les faits de violences s'aggravent et s'accélèrent avec le temps.

« J’ai des patientes qui présentent le même type de symptômes et qui sont victimes de violences conjugales, est-ce votre cas ? »

Dans ses recommandations, la HAS donne des clés au professionnel de santé pour aborder le problème de manière pudique et parfois un peu détournée pour laisser à la victime une possibilité de se confier.

Par exemple, au lieu de demander trop directement : « êtes vous victime de violences conjugales ? », le professionnel de santé pourra suggérer les choses et dire : « J’ai des patientes qui présentent le même type de symptômes et qui sont victimes de violences conjugales, est-ce votre cas ? » La « boîte à outils » de la HAS répertorie aussi les numéros d’urgence, sites d’information et contacts d’associations qui prennent en charge ces femmes : des contacts que les professionnels de santé seront chargés de transmettre.