27 février 2014

Les tests de grossesse bientôt vendus en supermarché !

Il y a quelques semaines, les députés ont autorisé la vente des tests de grossesse dans les supermarchés, mettant fin au monopole des pharmacies. Une mesure qui ne fait pas que des heureux...


Après les sénateurs, les députés ont autorisé fin 2013 la vente des tests de grossesse dans les supermarchés. On pourra donc bientôt les acheter en libre-service. Ce qui ne choque pas du tout Eléonore, aide-soignante dans le Languedoc : «Quand j'étais jeune, j'habitais un petit village où tout le monde se connaissait... Un jour, j'ai eu un retard de règles, j'avais à peine 17 ans, j'ai attendu plusieurs semaines avant d'oser aller chez le pharmacien du village pour lui acheter un test de grossesse... En supermarché, je n'aurais pas hésité une seconde, ça m'aurait évité pas mal d'angoisses... » Pour une association comme le Planning Familial, c'est justement l'intérêt de cette mesure : « Grâce à la vente en supermarché, ces tests deviendront plus accessibles, avec l'augmentation du nombre de points de vente et à la probable baisse des prix... » explique Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning Familial à Paris.

Une baisse des prix très attendue
En soutenant l'amendement voté par les députés et les sénateurs, le Gouvernement compte lui aussi sur une baisse des prix. Voilà pourquoi il a intégré la mesure dans une loi sur la consommation. « On n'achète pas un test de grossesse comme on achète un paquet de chocolat ou un kilo de fromage », a rétorqué, pendant le débat, le député U.D.I. Damien Adad, « il y a un enjeu de santé publique et cela aurait dû être traité en loi de santé publique... »
Un argument contesté par le Planning familial, pour qui le test de grossesse est un produit de consommation courante : « ce n'est pas un médicament, il ne s'agit pas d'une substance qu'on ingère, mais d'un bout de plastique, à mettre dans la même catégorie que les tampons ou les serviettes hygiéniques » lance encore Marie-Pierre Martinet. S'il est positif, le test devra de toute façon être confirmé par une prise de sang et une visite chez le médecin.

Fin du monopole pour les pharmaciens

Les pharmaciens, eux, regrettent évidemment de perdre leur monopole. En officine, le test est actuellement vendu entre 6 et 8 euros par une trentaine de marques différentes. Ce qui représente un marché de 37 millions d'euros sur un an. La loi va automatiquement les priver d'une bonne partie de ce marché.
Il y aura toujours des femmes qui préfèreront acheter leur test en pharmacie, quitte à le payer plus cher, mais beaucoup choisiront la formule la plus économique.
Les pharmaciens mettent aussi en avant leur rôle de conseil. « Une jeune fille va nous demander à quelle date, à partir de l'absence des règles présumée, elle doit faire son test de grossesse. Ce sont des réponses qui ne pourront pas être données par la caissière du supermarché », s'agace un pharmacien de la région parisienne. «Cela prive les femmes de l'accompagnement dont elles ont besoin », complète Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Et il ajoute : «Les pharmaciens mettent par exemple en garde contre les « faux négatifs » qui risquent de se produire lorsque le test est fait moins de 15 jours après le rapport... » Judith, agent hospitalier dans le Nord, mais aussi jeune maman, comprend les deux points de vue : « Pour ma deuxième grossesse, je suis habituée, j'irai acheter les tests en supermarché, mais ma plus jeune soeur, qui n'a encore jamais fait de test, m'a dit préférer les tests en pharmacie, même si c'est plus cher, et avoir des conseils... C'est à chacun de choisir ! »

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