20 mars 2014

Alimentation : les précautions à prendre

Après les scandales de la vache folle et des lasagnes à la viande de cheval, les Français vérifient de plus en plus l'origine et la composition des produits. Ils sont plus exigeants, changent leurs habitudes, et prennent le temps de s'informer sur les dangers qui peuvent provenir de nos assiettes. Voici quelques conseils supplémentaires pour ne plus manger les yeux fermés !


Les Français sont devenus méfiants ! Au supermarché, ils font de moins en moins confiance à ce qu'ils lisent sur les étiquettes. Selon un sondage TNS Sofres, réalisé en 2013 pour l'Association nationale des industries alimentaires, 50 % seulement des Français se disent satisfaits de l'information donnée sur les étiquettes, alors qu'ils étaient 70 % en 2008 dans la même étude ! Pour beaucoup, le seul moyen aujourd'hui de manger plus sainement, c'est d'acheter les produits frais, non transformés, et de contrôler leur origine et leur composition. C'est surtout vrai pour la viande, le poisson, mais aussi les fruits et légumes. « Les consommateurs modifient leurs habitudes car ils ont pris conscience des risques pour leur santé », explique Marc Dufumier, ingénieur agronome, expert auprès des Nations Unies et de la Banque Mondiale. « Nous devons davantage diversifier nos repas, renouer avec la saisonnalité et la proximité des produits... » Renouer avec la saisonnalité, c'est accepter l'idée que certains légumes ne sont disponibles qu'à certaines périodes de l'année et qu'il est inutile d'acheter des cerises à prix fort en plein hiver parce qu'elles ont fait 8000 kilomètres par avion ! Revenir à la proximité des produits, c'est privilégier le producteur local dont on connait la qualité du travail, et se méfier de certains produits importés qui n'ont pas forcément été cultivés dans les règles de l'art... Selon Marc Dufumier, « les fraises espagnoles, par exemple, sont cultivées sous serre avec des pesticides interdits en France, mais autorisés en Espagne ! Les directives européennes ne sont pas encore respectées uniformément... » Donc même si certains pesticides sont interdits en France, on peut quand même les retrouver dans notre assiette sur les fraises espagnoles !

Poissons, viandes blanches : des risques de contaminations
Pour les mêmes raisons, nous devons être vigilants sur le poisson sauvage : l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation déconseille d'en manger plus de deux fois par semaine, à cause des risques de contamination des poissons sauvages par des dioxines, ou du mercure, présents dans les océans ! Et pour les poissons d'élevage ? Marc Dufumier est catégorique :
«En élevage, les poissons vivent dans des bassins surchargés, avec un taux de mortalité élevé. Les producteurs utilisent par ailleurs des hormones et des antibiotiques qui se retrouvent dans notre assiette ! » La solution : privilégier les élevages biologiques et les poissons herbivores comme le hareng, le maquereau ou la sardine !
Auteur de « 50 idées reçues sur l'agriculture et l'alimentation », Marc Dufumier met aussi en cause la qualité de certaines viandes : « Comme les poissons d'élevage, les viandes blanches contiennent des résidus d'hormones et d'antibiotiques en raison de leur production industrielle... »
Pour d'autres raisons, il met aussi en garde contre la surconsommation de viande rouge : chaque Français en consomme en moyenne 66 kilos par an soit 180 grammes par jour, selon l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer. « C'est beaucoup trop », note Marc Dufumier. Elle fournit certes un apport important en fer et en protéines, mais ses acides gras saturés seraient à l'origine de maladies cardio-vasculaires et favoriseraient l'obésité.

Halte aux idées reçues !

Méfions nous aussi des céréales que nous achetons pour le petit déjeuner de nos enfants, avec le sentiment de toujours bien faire : « certaines céréales, comme l'avoine, l'orge et le seigle, apportent des fibres, des micronutriments et de l'amidon, le problème c'est que ces céréales sont transformées et contiennent du sucre ajouté en quantité importante, soit parfois l'équivalent de 8 à 10 sucres pour un bol de céréales », insiste encore Marc Dufumier ! L'idéal est de privilégier les céréales sans sucres ajoutés.
Le lait de vache, qui accompagne les céréales, apporte à vos enfants calcium et vitamine D. « C'est vrai » , notre Marc Dufumier, « mais uniquement pendant la croissance de l'enfant ». Et il ajoute : « une fois la croissance terminée, consommer plus d'un verre de  lait et un morceau de fromage par jour, c'est trop, cela peut même provoquer une perte de calcium dans les os et c'est mauvais pour le cholestérol ! » Sa solution ? Remplacer le lait par des fruits à coque (noix, noisettes, amandes), des légumes (épinards, brocolis), du soja ou du tofu. Ensuite, il s'agit juste d'une affaire de goût !
Restons vigilants sans pour autant tomber dans l'excès, ni s'imposer des règles trop contraignantes qui pourraient conduire à des troubles du comportement alimentaire. Selon un sondage réalisé en février 2014 par le site « Yougov » pour le journal « 20 minutes », 35 % des Français jugent que cette préoccupation peut devenir un problème et 6 % parlent même d'obsession. L'envie de manger sainement ne doit pas virer à la recherche de la perfection absolue dans le choix des menus !

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