21 août 2014

Un code couleur pour mieux choisir les produits au supermarché ?

La ministre de la Santé envisage de modifier les étiquettes pour distinguer les produits moins gras ou les moins sucrés. Il pourrait bientôt y avoir des codes couleurs différents selon les qualités nutritionnelles du produit. Quels seront les critères d'attribution des couleurs ? Etes-vous prêts à les respecter ? Les avis sont partagés...

Quelle barquette de lasagnes à la bolognaise apporte le plus de graisses ? Quelle boite de céréales apporte le plus de nutriments ? Pas facile de s 'y retrouver, dans les rayons de votre supermarché ! Les étiquetages actuels sont souvent complexes et difficiles à comparer. C'est ce que veut changer Marisol Touraine, la ministre de la santé. En présentant fin juin les orientations de la nouvelle loi santé, la ministre s'est largement inspirée d'un rapport remis par le médecin nutritionniste Serge Hercberg. Le changement consiste à instaurer un code, inscrit sur le paquet des aliments, qui permette aux consommateurs de comparer la valeur nutritionnelle de différents produits entre eux, et d'orienter leurs achats en conséquence. «L'étiquetage des aliments n'est pour l'instant pas compréhensible, explique-t-on au Cabinet de la ministre. Il faut définir un système clair et uniforme.» Les fabricants n'ont pour l'instant l'obligation que d'indiquer sur leur emballage la composition du produit et la quantité de chaque ingrédient. Autant d'informations insuffisamment lisibles pour le consommateur.

Des pastilles de couleurs et des lettres attribués à chaque produit !

Concrètement, la ministre propose d'attribuer à chaque aliment un score nutritionnel, représenté par une lettre, un logo ou une couleur. Par exemple un logo vert avec un « A » pour les produits les plus sains et rouge avec un « E » pour ceux dont la qualité nutritionnelle est la moins bonne. Il y aura aussi des couleurs et des lettres intermédiaires pour pouvoir nuancer d'un produit à l'autre. Le Royaume-Uni a mis en place, il y a plusieurs années, un tel système, sous la forme de feux : feu vert pour les aliments les plus sains, feu rouge pour les plus gras et les plus sucrés. L'étiquetage préconisé par le rapport permettrait à la fois de comparer des produits de familles différentes entre eux - par exemple de la charcuterie avec des haricots verts ou encore des céréales au chocolat et du muesli - et des produits de la même famille, comme deux paquets de céréales de marque différente. « Je ne vois pas trop l'intérêt si c'est pour mettre une pastille rouge sur les chips et les sodas, et une verte sur les haricots verts, on sait déjà faire la différence ! », s'agace Mylène, infirmière dans les Bouches du Rhône. , «L'étiquetage ira beaucoup plus loin » lui répond le professeur Hercberg. « Au sein d'un même rayon, justement celui des céréales, on verra des différences entre les produits les plus intéressants sur le plan nutritionnel et ceux qui ne le sont pas du tout ! » Sylvie, ambulancière dans le Calvados, est plus conciliante sur les mesures proposées : « Je crois vraiment que s'il y avait un système simple avec des pastilles vertes et des pastilles rouges, j'en tiendrais compte au moment de l'achat... »

Des pastilles rouges et vertes apposées sur le principe du volontariat

C'est l'Agence Nationale de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) qui aura la lourde tâche d'attribuer les pastilles vertes, les pastilles intermédiaires et les pastilles rouges ! Les industriels de l'agro-alimentaire s'alarment : ils craignent de voir disparaître des rayons tous leurs produits qui seraient frappés de l'infamant « E » sur fond rouge, car ce sont souvent les plus rentables. Au Royaume-Uni, le système a été mis en place sur la base du volontariat des industriels. « Ce sera pareil en France. On ne peut pas envisager de mesure obligatoire, ce serait contraire à des directives européennes de libre circulation des produits », reconnaît le professeur Hercberg. Mais ceux qui refuseront l'étiquetage seront forcément soupçonnés d'avoir quelque chose à cacher...

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