11 août 2016

Bientôt la fin des chèques bancaires ?




C’est un moyen de paiement très populaire en France et pourtant les pouvoirs publics et les banques cherchent à faire baisser son utilisation. Tout est fait, dans notre vie quotidienne, pour nous inciter à préférer la carte bancaire ou le prélèvement, y compris pour payer nos amendes de stationnement ! A terme, le chèque semble condamné à disparaître, mais ce n’est pas tout à fait pour demain ! Explications.

Les Français sont les premiers adeptes du chèque en Europe ! En 2015, ils ont émis 2,3 milliards de chèques contre 644 millions en Grande-Bretagne, et 231 millions en Italie ! Autant dire que le chèque est populaire en France, presque autant que le livret A. Il est notamment privilégié par les personnes aux revenus modestes qui veulent échelonner leurs paiements.
Mais pour les banques, c’est un moyen de paiement coûteux : sa gratuité est inscrite dans la loi, donc pas question pour votre banque de vous facturer sa fabrication, son émission ou sa gestion, comme c’est le cas pour les cartes bancaires. Pour ces dernières, la banque prélève sur votre compte des frais de gestion sous la forme d’un abonnement mensuel. Elle ne peut pas le faire pour les chèques. Autre inconvénient pour les banques : le chèque est facilement falsifiable et donc sujet à la fraude.
Les commerçants aussi redoutent de plus en plus ce moyen de paiement : d’abord parce que l’encaissement des chèques n’est pas instantané et aussi parce que les impayés ou « chèques en bois » leur occasionnent des frais et du temps perdu.
Tous aimeraient voir progressivement disparaître ce moyen de paiement encore très populaire. Et les pouvoirs publics semblent les avoir entendus.

La durée de validité des chèques ramenée d’un an à 6 mois

A la mi-juin , les députés ont voté une mesure ramenant la durée de validité des chèques à 6 mois, contre un an jusqu’à maintenant. Les sénateurs doivent encore la voter pour qu’elle soit effective. La mesure est symbolique (les chèques sont généralement encaissés quelques jours après leur émission), mais elle est destinée à introduire dans les esprits l’idée que le chèque n’est plus aussi fiable qu’avant et que si on l’oublie dans un tiroir pendant 8 mois, il ne sera plus valable à ce moment là !

En parallèle, les administrations publiques encouragent le paiement par carte bancaire en ligne pour régler les frais de santé ou les amendes. D’ici à fin 2016, l’Etat mettra à disposition des collectivités locales des solutions de prélèvements sans frais pour les utilisateurs.
Dans le privé, les commerçants sont incités à accepter plus largement le paiement par carte bancaire : ainsi les commissions prélevées par les banques sur chaque vente ont baissé. Objectif : convaincre les commerçants qui rechignaient à se faire payer par carte pour cause de frais trop élevés à changer d’avis et surtout de réflexe ! Autre mesure qui a contribué (et ce n’est qu’un début) au fléchissement du chèque : en 2013, un décret a imposé aux notaires le paiement par virement au delà de 3000 euros. Pas de doute : tout est fait pour donner un coup de frein au succès du chèque en France !
Peut-être l’avez vous déjà remarqué, certaines banques ne proposent plus systématiquement de chéquiers lors de l’ouverture d’un compte, il faut les demander. D’autres mettent en place des formules à la carte : ceux qui  émettent peu de chèques vont bientôt recevoir des chéquiers plus « maigres », avec moins de chèques dans chaque souche.
Si les volumes de chèques vont certainement baisser (déjà – 9 % en 2015 par rapport à 2014), il devrait rester une proportion significative d’utilisateurs car le chèque garde des atouts : sans limite de montant, il ne nécessite pas d’échange de données bancaires, ni de recours à l’ordinateur ou à internet. Tous ceux qui se méfient des risques de piratage des moyens de paiement en ligne continueront encore longtemps à signer des chèques !


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