Droits et Démarches

Choisir ses obsèques et préparer ses funérailles de son vivant

12 avril 2016
Selon un sondage réalisé fin 2015 par l’institut IPSOS, 49 % des Français préfèrent être inhumés et avoir leur tombe dans un cimetière. En revanche, 51 % préfèrent une crémation… Mais tous ne font pas connaître leurs préférences de leur vivant… Résultat : les proches sont souvent démunis quand le décès survient. Voilà pourquoi il faut préparer ses propres obsèques de son vivant…
preparer ses obsèques de son vivant
Si on en croit ce sondage IPSOS réalisé en 2015, il y a autant de Français qui se prononcent en faveur de l’inhumation (49 %) que pour la crémation (51 %). Mais ces chiffres, toutes générations confondues, cachent des réalités bien différentes selon les âges : 43 % des plus de 60 ans préfèrent l’inhumation et 57 % d’entre eux optent pour la crémation. A l’opposé de la pyramide des âges, les proportions sont inversées : 60 % des moins de 35 ans préfèrent l’inhumation  et 40 % choisissent la crémation. Pourquoi de telles différences ?

Pas toujours fondé sur la religion

« Ce souhait ne correspond pas forcément à une conviction religieuse », affirme Julien Bernard, maître de conférences en socio-anthropologie de la mort à l'université de Nanterre. « Si les plus anciens se détournent de l'inhumation, c'est en partie à cause du détachement vis-à-vis de la religion propre à leur génération, mais aussi en réaction à l'éclatement géographique des familles : à quoi bon être au cimetière si mes proches ne peuvent s'y rendre ? A l’inverse, les jeunes, confrontés à de plus en plus de mobilité, peuvent vouloir inscrire leur destinée dans un lieu, y laisser une trace. » Si l’enterrement est préféré chez les jeunes, il est aussi plébiscité par les croyants (80 % des pratiquants le préfèrent), par les parisiens (64 %) et par les non diplômés (59 % des sans diplômes préfèrent l’inhumation). La crémation est davantage demandée par les non croyants ou athées (69 %), les provinciaux (54 %) et les plus diplômés (55 % des Bac + 2 la préfèrent). De plus en plus de Français veulent aussi prendre le temps des obsèques. Les funérariums, ces lieux à l’américaine où le défunt est présenté quelques jours dans un salon afin de laisser ses proches se recueillir avant les funérailles, s'imposent de plus en plus en France. Ils étaient 300 il y a vingt-cinq ans, ils sont 3 000 aujourd'hui. « La présentation du défunt au funérarium représente 60 % des demandes en 2015, malgré les frais que cela engendre » confirme Jean Ruellan, directeur marketing d’une grande entreprise de pompes funèbres. Il ajoute : « On ne revient pas tout à fait aux veillées d'antan, mais il y a clairement un retour à la tradition, une réappropriation du temps auprès du mort. »

Anticiper le financement des obsèques de son vivant

Ce recueillement de la famille sont souvent organisé par le défunt lui-même quand il a pris les devants et préparé ses obsèques de son vivant.  Si le défunt n’a rien prévu avant sa mort, les familles, bouleversées, sont souvent démunies quand on leur demande d’organiser les obsèques. Voilà pourquoi il est souvent plus sage d’anticiper, pour épargner à ses proches le souci d’orchestrer et de payer les funérailles… La première chose à faire est de tout écrire dans un document signé de votre main. Après l’avoir daté et signé, confiez-le à une personne de confiance. Il faut éviter d’intégrer les modalités souhaitées dans un testament qui ne sera ouvert, au mieux, que quelques jours après le décès et donc trop tard… Pour anticiper le financement, le plus simple (et le plus clair quand vous ne serez plus là) est d’ouvrir un compte bancaire spécialement dédié aux obsèques. Vous pouvez aussi déposer une somme d’argent sur votre compte habituel. Depuis 2013, la loi prévoit que les proches qui organisent les obsèques peuvent obtenir, sur présentation des factures, le débit des sommes nécessaires sur le compte du défunt, dans la limite de 5000 euros ou du solde du compte s’il est inférieur à 5000 euros. Pensez aussi à donner à la personne de confiance que vous avez choisie les coordonnées du compte sur lequel se trouve l’argent. Selon la CREDOC (Centre de recherche pour l’Etude et l’observation des conditions de vie), le coût moyen total des obsèques s’élève à 4000 euros pour une inhumation et 3500 euros pour une crémation. Le CREDOC détaille même les coûts moyens ainsi : Monument funéraire : 2733 euros Monument cinéraire (petit monument dans lequel on peut déposer les cendres) : 1140 euros Cercueil : 1087 euros Convoi : 789 euros Séjour en chambre funéraire : 320 euros Soins de conservation : 291 euros Urne cinéraire (cendres) : 95 euros Plaque : 95 euros

Prise en charge du coût des obsèques

Enfin, selon un autre sondage IPSOS plus ancien, réalisé en 2013, 42 % des Français pensent que le coût des obsèques doit être pris en charge par le défunt et non par ses proches… Et plus on vieillit, plus on considère que le défunt doit assumer la charge des obsèques : les plus de 60 ans sont 48 % à le penser. Peut-être parce qu’ils se sentent vraiment concernés par les obsèques de leurs parents qui approchent ?