Education

Médecine scolaire : elle suit votre enfant de l’école primaire au lycée !

17 septembre 2015
On ne sait pas toujours exactement quel est son rôle, on a parfois du mal à l’identifier dans l’établissement, pourtant l’équipe de la médecin scolaire a un rôle d’alerte essentiel auprès des parents. Il ne prescrit pas, il « tire la sonnette d’alarme »…
medecine scolaire au primaire et au lycée
 
« On a découvert la scoliose d’Emma à l’école », « Louis va devoir porter des lunettes d’après la médecine scolaire…» : de nombreux parents ont « fait connaissance » avec la médecine scolaire dès l’école primaire. Et beaucoup se sont félicités de l’utilité de ce premier contact ! En fait, la médecine scolaire est plus une médecine de dépistage que de soins. Quand un diagnostic est fait, le médecin scolaire s'occupe d'orienter l'enfant vers les centres de soins adaptés. Il ne fait pas de prescription, son rôle est d'être dans l'école, entre l'école, la famille et les différents services d'aide à l'enfance. En d'autres termes, il est une sorte de "médecin du travail" pour les écoliers !
  Mais la médecine scolaire ne se contente pas d’intervenir à l’école primaire. Elle est présente auprès de votre enfant jusqu’à la fin du cycle secondaire ! En principe, chaque établissement scolaire (écoles maternelles, écoles primaires, collèges et lycées) dispose d’un service de médecine scolaire assuré par des professionnels de santé spécialisés. Cette équipe est constituée de médecins scolaires (désormais appelés "médecins de l'Éducation nationale"), d'infirmières, de secrétaires médico-scolaires et d'assistantes sociales qui font partie intégrante de l'équipe éducative. Mais ils ne sont pas en permanence dans l’établissement. Ces professionnels de santé sont rattachés à un centre médico-scolaire lié à un secteur géographique. La plupart du temps, ils interviennent sur plusieurs établissements. Et comme tous les professionnels de la santé, ils agissent sous couvert du secret médical et professionnel.

Hygiène bucco-dentaire, équilibre alimentaire, tabagisme : le médecin scolaire remplit le dossier médical de l’élève

Votre enfant verra le médecin scolaire plusieurs fois dans sa scolarité. En primaire, un premier bilan obligatoire intervient quand il a 6 ans. Son but à ce moment là ? Dépister les problèmes de vue, de langage ou même les difficultés comportementales. Un second bilan obligatoire est effectué en fin de collège au moment de l'orientation. Hygiène bucco-dentaire, équilibre alimentaire, maltraitance, puberté, sexualité, tabagisme, drogues : les résultats de ces bilans sont notés sur le dossier médical de l'élève, dont le contenu est secret. Les parents peuvent néanmoins le consulter avec le médecin scolaire ou demander à ce qu'il soit communiqué au médecin traitant de l'enfant.   La médecine scolaire a d’autres missions très spécifiques. Par exemple, aider les enfants en difficulté et assurer l’intégration des élèves handicapés ou atteints d’une maladie chronique… ou même aider les jeunes pour lesquels les parents ou l’infirmière demandent une attention particulière. Si votre enfant présente un problème particulier de nature à constituer un risque (asthme, diabète, allergies, épilepsie, troubles du comportement, par exemple), l'équipe médico-scolaire sera votre relais dans le suivi quotidien de sa santé. Autre mission essentielle : veiller à ce que les maladies contagieuses ne se propagent pas à tout l’établissement comme une trainée de poudre ! Voilà pourquoi les parents sont tenus d'avertir l'établissement scolaire de leur enfant dès la première demi-journée d'absence pour cause de maladie, en particulier s'il s'agit d'une maladie contagieuse. Certaines de ces maladies imposent l'éviction scolaire : l'enfant ne doit pas se présenter en classe. Pour d'autres maladies contagieuses, cette éviction est laissée à l'appréciation du médecin.   Enfin, l'équipe médico-scolaire a également un devoir d'alerte en cas de problème de maltraitance (violences physiques, morales ou sexuelles) ou de négligence de la part des parents (alimentation, hygiène, éducation, sécurité, par exemple). Si elle constate de tels agissements, elle est tenue d'en avertir les autorités concernées (instances policières et judiciaires, services sociaux, etc.), elle n’est plus liée par le secret professionnel.   La répartition des médecins se fait selon les secteurs, on favorise en priorité les Réseaux d’Éducation Prioritaire (REP). En conséquence, certaines zones ne bénéficient pas de médecin. A Paris, cinquante médecins officient à temps plein pour 142000 élèves du premier degré, soit un médecin pour 3200 élèves. Dans les autres régions de France, la moyenne est d'un médecin pour 5000 à 6000 élèves. Pour les régions les plus isolées (rurales), c'est un médecin pour 15000 élèves. Ce qui reste insuffisant.