Vie à l'hôpital

Mieux vivre à l’hôpital : Plus de services aux patients…et au personnel !

2 avril 2015

Comment faire pour améliorer la qualité de vie des patients ? En amenant à eux, jusqu’à leur chambre d’hôpital, des services de proximité qu’ils avaient l’habitude d’utiliser dans leur vie quotidienne. La démarche est nouvelle, elle est expérimentée dans plusieurs hôpitaux et devrait rapidement être généralisée à toute la France… Autre avantage : elle profite aussi au personnel soignant !
services à l'hopital

Pour un patient, entrer à l’hôpital n’est jamais une partie de plaisir. Quand l’hospitalisation est longue et lourde, une terrible solitude se fait souvent ressentir. Pour le patient, les heures défilent lentement, simplement rythmées par le va-et-vient des infirmières, et des aides-soignantes. Entre chaque visite de la famille, l’ennui s’installe. Mais il existe aujourd’hui des initiatives privées pour sortir les patients de cet ennui chronique.
Faire venir un coiffeur ou envoyer des vêtements au pressing, c’est désormais possible pour les patients, depuis leur lit d’hôpital, dans plusieurs établissements hospitaliers de la région parisienne : le centre hospitalier des Quatre-Villes à Sèvres, celui de Saint-Cloud, l'hôpital Antoine Béclère à Paris, l’hôpital André Mignot au Chesnay et plus récemment le centre hospitalier intercommunal de Créteil. L’objectif, est de généraliser l’expérience à tous les hôpitaux de France, mais aussi dans les résidences et établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Si cette initiative est amenée à se développer, c’est parce que tout le monde y trouve son compte. Les soignants et les cadres de santé sont ainsi déchargés de la quasi-totalité des demandes non médicales qui émanent des patients, comme les réservations de taxis ou de coiffeurs par exemple…« Pour moi, c’est autant de temps qui se libère pour me recentrer sur les actes médicaux », explique Solange, aide-soignante dans un hôpital de la région parisienne.

Services de proximité : livraisons de plateaux-repas, livres, journaux, parapharmacie et même des soins de pédicure !

Pour le patient aussi, c’est une nouvelle vie qui commence ! Concrètement, grâce à deux personnes présentes physiquement dans l'établissement, il peut, depuis son lit, choisir dans une vingtaine de catégories de services différents : livraison de plateaux-repas (selon le régime alimentaire), de livres, de journaux, de parapharmacie, prise de rendez-vous avec un coiffeur, un réflexologue, ou un pédicure… Sans oublier les services de garde d'enfant, de garde d'animaux ou d'aide à domicile. Pour les personnes âgées qui sont hospitalisées, recourir à ces offres permet de garder un lien avec le monde extérieur : «Je suis veuve depuis 10 ans, explique Marie, 85 ans, hospitalisée après une mauvaise chute, et quand je suis arrivée ici à l’hôpital, j’ai tout de suite pensé à mon vieux chien Terry, je me suis dit qu’il allait se retrouver tout seul à la maison… Heureusement, j’ai découvert ici qu’on pouvait faire garder ses animaux, et j’ai des nouvelles de mon Terry tous les 2 jours ! »

Cette possibilité est aussi accessible, par téléphone ou Internet, aux proches des patients. Ce qui permet de leur montrer qu’on pense à eux même si on est loin géographiquement. « Quand ma mère a été hospitalisée, explique Lydie, cadre supérieur dans une grande banque, j’étais à l’étranger et je ne pouvais pas rentrer immédiatement… J’ai donc utilisé le service internet pour lui envoyer à l’hôpital toutes sortes de crèmes de beauté dont elle raffole ! Elle a su que je pensais à elle, même si j’étais loin… »

Les tarifs sont négociés par le site internet avec les fournisseurs. Ce qui permet de proposer aux patients des prix identiques à ceux proposés à l'extérieur. La livraison de journaux dans une chambre est par exemple facturée en moyenne 10 centimes d'euro par jour et une chaîne de restaurants japonais ne fait payer que ses plateaux-repas, pas la livraison.

Des services proposés aux hospitaliers

Le personnel hospitalier peut aussi profiter des services proposés (pressing, lavage de voiture sur le parking, panier-repas...). Ces services habituellement réservés aux salariés de grands groupes privés facilitent notamment la vie des personnes aux horaires décalés. « C’est vrai que c’est très pratique quand on finit tard dans la nuit, confirme Thierry, cadre de santé dans un hôpital de la région parisienne, il m’est déjà arrivé de confier des vestes au service de pressing extérieur pour qu’elles soient nettoyées, repassées et livrées deux jours après sur mon lieu de travail ! »

Certes aucun hôpital ne sera jugé sur la qualité des prestations extérieures mais évidemment sur la qualité de l’accueil et des soins reçus par le patient. Ce qui n’interdit pas de réfléchir aux moyens de lui rendre la vie plus douce pendant sa convalescence !