Agir pour sa retraite

Prévoyance : 1 Français sur 2 n’a rien prévu en cas de coup dur !

3 novembre 2016
Les Français sont les plus insouciants au monde en matière de prévoyance ! C’est l’un de enseignements les plus étonnants d’une vaste enquête menée dans 12 pays du monde, sur les 5 continents, avant l’été. Ils ont bien le sentiment d’être mal préparés aux aléas de la vie et aux coups durs, et pourtant, ils sont peu nombreux à réagir. Ils ne savent pas ou ne veulent pas anticiper.
pas de prevoyance pour 1 français sur deux
Dans cette enquête, 50 % des Français affirment n’avoir prévu aucun système de prévoyance en cas de difficulté demain.
Quand ils pensent à leur avenir personnel, les Français se disent optimistes à 78 % ! Malgré la crise, ils ont même une vision de leur futur plutôt idyllique. C’est le résultat surprenant de la première étude mondiale sur la prévoyance réalisée pour une banque internationale avant l’été.
L’enquête a été menée auprès de 11 500 personnes interrogées dans 12 pays (dont la France) choisis sur les 5 continents. Elle a ainsi établi 5 profils : « les prévoyants », « les confiants », « les fatalistes », « les insouciants » et « les inquiets ». Résultat : les Français se retrouvent majoritairement dans la catégorie des « insouciants » : 29 % affirment aimer "vivre au jour le jour, ne planifier et n'anticiper le futur que très rarement", contre 17 % sur l’ensemble des 12 pays interrogés. A l’inverse, les Indonésiens (à 49%) sont majoritairement "prévoyants": ils analysent les risques et anticipent activement leur protection future et planifient leurs dépenses de prévoyance. Ce sont les bons élèves révélés par cette enquête ! Chez nous, tout se passe comme si les Français « insouciants »  et résolument optimistes ne voulaient pas voir, comme s’ils avaient intuitivement la sensation qu’ils doivent se préparer, anticiper l’avenir, sans pour autant passer à l’acte. « Je sais que j’ai tort, mais on verra plus tard…», résume Patrick, ambulancier près de Bordeaux.

Les Français, plutôt lucides, savent déjà que leur négligence va leur coûter cher

C’est tout le paradoxe de cette étude : malgré leur optimisme, les Français sont néanmoins conscients des enjeux et de ce qui les attend demain. Dans l’enquête, la santé ressort comme la première source de préoccupation des personnes interrogées. Les craintes portent principalement sur le vieillissement, la dépendance et le coût des soins médicaux. Hormis la santé, la qualité de vie (51%) et la sécurité financière sur le long terme (49%) sont également source d'inquiétude, suivies de la capacité à subvenir aux besoins de ses enfants (43%). L’étude démontre aussi que les Français, plutôt lucides, savent déjà que leur négligence va leur coûter cher ! C'est en France (à 56%) que les individus pensent être le moins bien préparés financièrement pour faire face à l’imprévu. Seuls 22% pensent disposer d'assez d'épargne ou d'investissements pour parer aux aléas de la vie (contre 33% dans le monde). Et seuls 12% ont souscrit une ou plusieurs assurances (21% dans le monde). « Je sais bien que si j’ai un coup dur, je n’aurai pas les moyens d’y faire face », raconte Sandra, aide-soignante  et maman de 2 enfants en Isère. Elle ajoute : « Je vis un peu sur un fil, parfois je me fais peur en imaginant ce qui se passerait pour les enfants si je ne pouvais plus faire face à mes dépenses… »

Pas de prévoyance prévue

Reste à savoir pourquoi, avec une telle conscience des enjeux, les Français, se refusent à anticiper et à épargner pour demain. Plus d'un sondé sur deux, en France, indique ne pas avoir mis en place un système de prévoyance, d’abord pour des raisons de coût. Ils s’imaginent que cela va amputer leur budget d’aujourd’hui, mais ne prennent pas forcément le temps de s’informer vraiment… « J’ai 35 ans, j’ai 3 enfants, beaucoup de dépenses à assumer », raconte Elodie, infirmière dans le Bas-Rhin, « je ne me suis pas vraiment renseignée, c’est vrai que je fais un peu l’autruche, mais j’ai peur que cela me coûte trop cher d’épargner pour préparer ma retraite ! C’est maintenant que j’ai besoin de cet argent ! »  

Vivre au jour le jour

En clair, quand ils ont l’âge d’Elodie, les Français  se refusent à anticiper l’avenir et à investir pour plus tard. Comme ils vivent au jour le jour, ils dépensent aujourd’hui la totalité de leurs revenus sans forcément penser à demain, et ne prennent pas forcément de décision pour mettre en place un dispositif complémentaire adapté. C’est pourtant le seul moyen, souvent pour un coût peu élevé, de s’assurer des moyens qui permettront demain, en toutes circonstances, de faire face aux aléas de la vie…